jeudi 15 septembre 2016

Eclipse Phase


L'avantage de jouer dans un club, c'est qu'on peut être tour à tour joueur et maître de jeu. Mercredi soir, j'ai pu reprendre la casquette de joueur pour une petite partie d'Eclipse Phase. Je dois avouer que j'étais impatient de jouer à ce jeu, qui se trouve dans ma collection depuis sa première publication en anglais. En effet, si son univers m'a toujours inspiré, je ne suis jamais parvenu à passer outre les règles qui, à la lecture, sont relativement complexes.




Eclipse Phase est un jeu futuriste et transhumaniste qui repose sur trois idées clefs : la première est que les humains sont parvenus grâce à la technologie à détacher leur conscience de leur corps ; la deuxième est qu'ils sont également parvenu à élever à la conscience quelques espèces animales ainsi que des intelligences artificielles (I.A. en abrégé). La troisième est que des I.A. militaires - appelées Titans - ont mené une guerre contre l'humanité, qui est aujourd'hui dispersée aux quatre coins du système solaire, la Terre étant devenue inhabitable.

La séparation du corps et de l'esprit a de nombreuses conséquences, que le jeu explore minutieusement. Par exemple, si vous devez voyager de Vénus jusque Mars, il n'est pas nécessaire de réserver un ticket sur un vaisseau de transport : il vous suffit de télécharger votre esprit via une liaison sattelite, et de l'uploader dans un nouveau corps, loué ou acheté pour l'occasion. Dans certains habitats, il n'y a même pas du tout de corps : vous évoluez dans un environnement virtuel créé de toutes pièces pour héberger les esprits de la population. Mieux encore : la mort est rarement définitive. Chacun porte une pile corticale qui contient une sauvergarde de sa personnalité, et les gens prudent prévoient une autre sauvegarde ailleurs, à utiliser en cas de destruction de la pile...


Eclipse Phase présente au joueur et au maître de jeu deux difficultés majeures :

L'univers de jeu est si dense et si complexe, qu'il est difficile à appréhender. Demander à un homme de 2016 de jouer à Eclipse Phase, c'est un peu comme si on demandait à un homme né en l'an 1000 de comprendre la vie au 21ième siècle. Le décalage technologique et sociologique est énorme. Il est très malaisé de comprendre ne fut-ce que les enjeux auxquels sont confrontés les personnages d'Eclipse Phase : après tout, lorsqu'on a vaincu la mort, qu'est-ce qui importe encore vraiment?

Les règles de ce jeu sont les dignes héritières des plus complets des jeux de rôles traditionnels, ce qui les rend assez lourdes et complexes à utiliser. De nombreux bonus et malus de situation, viennent s'appliquer aux diverses compétences, en plus des avantages divers liés au corps dans lequel vous êtes incarné et à l'équipement que vous utilisez.


La partie de ce mercredi était destinée à essuyer les plâtres, à tester le système. Il est assez vite apparu que les deux difficultés énoncées ci-avant n'allaient pas être faciles à surmonter. Néanmoins, après une petite heure de jeu, nous étions suffisamment familiarisés avec le jeu pour avancer.

Question scénario, nous étions dans une logique de mission : nous jouons des agents de Firewall, une organisation dédiée à la protection et à la survie de la transhumanité. Infiltrés dans une barge dirigée par des écumeurs, nous avons été contactés par Firewall pour intercepter une arme dangereuse, probablement créée par les Titans, qui devait faire l'objet d'une transaction sur la barge. Finalement, c'était "James Bond dans l'espace". Faute de temps, nous n'avons joué que la première partie du scénario.


Pour une première expérience, c'était plutôt positif. On sent un grand potentiel dans ce jeu, des myriades de possibilités. Reste à se familiariser avec l'univers afin d'explorer des thématiques un peu différentes. Manifestement, ça ne va pas se faire en un jour...

A suivre, donc.

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