lundi 7 novembre 2016

Utopiales 2016

Ca fait déjà un bout de temps que je visite les conventions où l'on joue. Je ne me souviens plus exactement de la première à laquelle j'ai participé. Il me semble qu'elle se déroulait porte de Versailles à Paris. C'était à l'époque où j'étais encore étudiant... Autant dire que ça remonte. Depuis, j'ai eu l'occasion d'en visiter pas mal, et même de participer activement aux animations de certaines d'entre elles, que ce soit pour promouvoir le jeu de rôle ou pour organiser un tournoi de Dungeon Twister. C'est toujours un plaisir de rencontrer des gens qui partagent notre passion, de discuter avec les auteurs et les dessinateurs des bandes dessinées que l'on aime, et de manière générale d'être dans l'ambiance bon enfant qui se dégage de ces événements.


Cependant, tout n'est pas rose pour autant : réunir autant de monde dans un espace fermé entraîne son lot de nuisances sonores et de stress, ce qui aboutit régulièrement, au bout du week-end, à des maux de têtes, une voix en perdition, et un besoin irrépressible de retrouver ses pénates. C'est pourquoi, au fil du temps, j'en suis venu à apprécier les événements de taille plus modeste, comme les week-end jeux entre potes (je reviendrai là-dessus dans un autre article). Et puis, récemment, j'ai entendu parler des Utopiales, et je me suis décidé à y aller...


Les Utopiales est une convention de science-fiction, organisée chaque année à Nantes, et ce depuis seize ans. L'événement a lieu dans la Cité des Congrès, un centre de conférence situé à deux pas de la gare et du centre de la ville. Si au moment de l'inscription, je n'avais qu'une idée très partielle de ce que j'allais voir, il était cependant déjà clair que les Utopiales est un événement transmédia : on y trouve de la littérature, de la BD, du cinéma, du jeu, et des conférences qui portent sur un peu tout ça.

Arrivé sur place, la première chose qui marque, c'est le calme de cette convention : on est ici à l'opposé des grandes travées et des grands halls dans lesquels se massent les hordes de consommateurs de la Made In Asia ou de la Comic Con.

La convention se répartit sur plusieurs niveaux, avec trois salles de cinéma, trois scènes réservées aux conférences, deux salles réservées au jeu, une librairie pour acheter et dédicacer les livres et les BD, et plein de panneaux d'exposition pour habiller tout ça. Comme à tout moment, il y a trois films et trois conférences en cours, on trouve peu de monde dans les travées, le plus souvent des gens qui se rendent d'une activité à une autre. Ca signifie aussi que le visiteur est amené sans cesse à effectuer des choix cornéliens : participer à une partie de jeu de rôle, aller voir un film, assister à une conférence, ou faire dédicacer un bouquin ?

Personnellement, j'ai oscillé pendant quatre jours entre le pôle ludique et les salles de cinéma.

Compte rendu.

Le samedi 29 octobre, notre arrivée assez tardive me permet néanmoins de prendre mes marques sur le salon et de regarder "Jeeg Robot", un film italien assez étonnant. On suit les aventures rocambolesques d'un malfrat italien dénommé Enzo, qui va acquérir des super-pouvoirs en entrant en contact avec un produit toxique suit à une plongée dans les eaux du Tibre. Le film oscille entre le polar, la comédie et le film de super-héros. Une bonne pioche. En soirée, nous avons profité du pôle ludique et découvert deux prototypes de jeux de plateaux assez aboutis sur le thème de la mafia et du braquage de casino.

Le dimanche 30 octobre, nous avons appris d'expérience qu'il vaut mieux s'inscrire assez tôt aux parties de jeux de rôles. Je m'inscris donc à une partie de "Paranoïa", un vieux jeu qui n'a pas pris une ride et qui a bien fait rire mon fils. L'après-midi est consacré à deux films. Le premier s'intitule "Identify", un film d'action dans lequel une intelligence artificielle retourne des robots militaires contre une troupe de soldats venus s'entraîner. Un bon film popcorn, au scénario assez mince, malheureusement. Le deuxième film du jour, "Realive", a pour thème la résurrection d'un corps congelé par une entreprise futuriste. A l'opposé du film précédent, celui-ci nous offre une intrigue très bien ficelée, avec moults flashbacks, le tout porté par un excellent jeu d'acteurs. Le film a reçu le prix du public du festival, et l'a amplement mérité.

Lundi 31 octobre, deux films me tentent dans la journée, et ils passent à la même heure. J'ai donc le temps de faire deux parties de jeux de rôles : la première dans l'univers de Mass Effect, motorisée par le système storytelling (celui de Vampire), et la deuxième avec un prototype : "Songe-Creux", un jeu de rôle sans dé qui repose sur l'incarnation de muses dans des simulacres. Après quelques hésitations (j'en profite pour me faire dédicacer deux livres par Norman Spinrad), je choisis d'aller voir "Timescrimes". Il s'agit d'un film de science-fiction espagnol qui porte sur le thème du voyage dans le temps et du paradoxe temporel. Très bizarre, mais au final diablement ficelé, le film relate la façon dont Hector va remonter dans le temps "à son insu"...

Le mardi 1ier novembre, j'ai l'occasion d'essayer le jeu de rôle "Shadows of the Demon Lord" avec Globo comme MJ. Une assez bonne expérience, même si nos personnages sont tellement faiblards qu'ils manquent de crever face à deux brigands dans la ville. Un jeu dur, donc, très low fantasy. Quant au film du jour, j'ai sélectionné "Cronos", le premier film de del Toro. Une histoire sordide d'antiquaire qui met malencontreusement la main sur un artefact lui permettant d'accéder à l'immortalité... Mais tout a un prix, n'est-ce pas?

En conclusion, ces Utopiales ont été une expérience très positive. Cette convention se place d'emblée à la première place de mes événements préférés. Je me vois bien y retourner chaque année, même si Nantes, il faut bien l'admettre, ce n'est pas la porte à côté. Et vous, quelle est votre convention préférée?

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