dimanche 9 juillet 2017

Shadow of the Demon Lord


Le jeu de rôle - comme toute activité humaine - a ses modes, ses tendances... On entend souvent dire d'un jeu qu'il est "vivant" ou "mort" selon que son éditeur continue à publier du matériel pour celui-ci, ou au contraire arrête toute production. "Shadow of the Demon Lord", de ce point de vue, est un jeu très vivant. Son auteur publie à un rythme qu'on ne peut que qualifier d'effréné une pléiade de suppléments pour ce jeu, qui fait beaucoup parler de lui.

De quoi s'agit-il ? Imaginez un monde mourant, condamné à périr dans un proche avenir. Jadis, l'Empire dominait le monde connu, qu'il avait conquis de haute lutte en utilisant des armées d'automates alimentés par la magie, puis des armées orques... Mais les orques se sont finalement rebellés, et l'Empereur fut détrôné par l'un d'eux. Les différentes provinces de l'Empire, peu désireuses d'être gouvernées par une peau verte, sont entrées en sécession.

Mais surtout, il est dit qu'un Seigneur Démon qui a été exilé dans le vide va revenir pour détruire toute la création. Des oracles ont prédit son retour. Un culte secret lui est même dévoué. Bien sûr, il reste des hommes qui veulent s'opposer au Seigneur Démon, comme les adeptes de la Nouvelle Foi, par exemple, et les croisés qui les accompagnent.

Et puis aussi, quelques héros improbables, qui se révèlent dans l'adversité pour s'opposer aux forces des ténèbres, ou, quelquefois, pour les aider...

Dans Shadow of the Demon Lord, les joueurs interprètent des personnes ordinaires qui vont être amenées vers une vie d'aventures presque malgré elles. Le premier scénario de ce jeu met donc en scène des héros de niveau "zéro" qui sont simplement définis par leur origine raciale et leur profession. Le livre de base propose six "races" jouables : les hommes, bien évidemment, les nains, les orques, les gobelins, les automates, et enfin les changelins. Chaque espèce jouable dispose de tables de création différentes, leur permettant de générer une histoire conforme avec leurs spécificités. Ainsi, par exemple, les Changelins, sont des assemblages de roche et de terre créés par les elfes, maintenus en vie par la magie et échangés contre des bébés humains à la naissance.

Le système de jeu est plutôt simple et repose sur quatre caractéristiques : Dextérité, Force, Intellect et Volonté. Pour faire un jet, on lance un dé à vingt faces, on ajoute le bonus de caractéristique, et on doit battre un score de 10 ou la défense de son adversaire pour réussir une action. Si la situation est avantageuse pour les personnages, ils reçoivent un ou plusieurs dés à six faces de "bonus". Seul le plus élevé de ces dés est retenu et ajouté au score. A l'inverse, si les circonstances sont désavantageuses, les personnages peuvent subir un ou plusieurs dés à six faces de "malus", dont on conserve, encore une fois, le plus élevé pour le soustraire au score.

Shadow of the Demon Lord est conçu pour des campagnes courtes : à chaque scénario, les personnages augmentent d'un niveau et peuvent obtenir des avantages supplémentaires qui vont découler soit d'une des quatre classes de novice (Guerrier, Voleur, Magicien ou Prêtre), soit d'une classe d'expert (à partir du niveau 3), soit d'une classe de maître (à partir du niveau 7). Au bout de 10 scénarios, le personnage a atteint le niveau 10 et peut affronter les plus grandes menaces de l'univers du Seigneur Démon...

J'ai eu l'occasion de maîtriser ce jeu lors des dernières "24 heures de jeu de rôle" de la Guilde de l'Opale Noire, qui étaient organisées en juin dernier. J'avais pour l'occasion sélectionné quelques scénarios officiels qui pouvaient, de l'avis des fans consultés sur le forum Casus Non Officiel, se jouer en campagne. L'histoire emmenait les personnages des joueurs dans le petit village d'Esker, en bordure de la Désolation, une étendue désertique peuplée uniquement de morts-vivants.

Dans l'ensemble, l'expérience s'est révélée concluante : Shadow of the Demon Lord rassemble les meilleurs aspects de Donjons & Dragons et du jeu de rôle Warhammer tout en rendant le tout nettement plus simple à appréhender. Une traduction française devrait être proposée prochainement via un enième financement participatif. Vivement.

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