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mardi 10 février 2026

Mon appendix N - quatrième partie - les bandes dessinées

Dans cette quatrième partie de mon Appendix N, je vais me pencher sur les bandes dessinées, d'où qu'elles viennent: on va donc parler aussi bien des BD de l'école franco-belge que des comics américains ou des mangas japonais, toutes thématiques confondues, mais en ayant à l'esprit le potentiel de l'oeuvre comme source d'inspiration pour les meneurs de jeu.  

Afin de faciliter les recherches, je vais les classer dans des catégories qui correspondent à des thématiques de jeux de rôles: Fantasy, Science-fiction, Fantastique, etc.  C'est parti...


Fantasy

Bon, on va commencer par une oeuvre incontournable, que l'on soit roliste ou pas: "La Quête de l'Oiseau du Temps", de Loisel et Le Tendre.  Des personnages attachants, un univers plein de péril, une quête épique, que demander de plus ?  Ces quatre albums sont servis par un dessin somptueux et une colorisation qui n'a pas pris une ride.  Il y a eu d'autres albums par la suite, que je n'ai pas acheté, les quatre d'origine formant une histoire plus que satisfaisante. 

Les trois références suivantes sont signées par Hubert, un scénariste d'exception trop tôt disparu: "Beauté" met en scène une jeune femme qui fait le voeu d'être la plus belle du Royaume, ce qui n'a manifestement pas que de bons côté.  "Peau d'homme" est l'histoire d'une jeune femme qui souhaite découvrir le véritable caractère de son futur époux et qui enfile une peau d'homme, afin de se déguiser et de partager avec lui quelques nuits de liesse avant son mariage.  Enfin, la saga des "Ogres-Dieux", en quatre tomes, décrit l'évolution d'un royaume de fantasy dirigé par des Ogres monstrueux.  


Enfin, pour terminer cette rubrique fantasy, impossible de ne pas évoquer les séries de BD "Donjon" et "Ralph Azham", portées (notamment) par Lewis Trondheim et Joahn Sfar.  Il y a des dizaines albums disponibles, et il ne se valent pas tous, mais globalement, ça reste de très bonne tenue.  


Science-Fiction

Dans le domaine franco-belge, "Universal War One" de Bajram, reste pour moi l'oeuvre de référence quasiment incontournable, avec un récit et un dessin très maîtrisé et original. 


Du côté des comics américains, on trouve quelques pépites de récits d'anticipation, avec "Lazarus" (scénarisé par Greg Rucka, encore lui), qui présente un univers dominé par de grandes familles ultra riches qui ont supplanté les états nations, "Give me Liberty" (Frank Miller et Dave Gibbons), dont les événements ne sont pas sans rappeler l'actualité, alors qu'il a été écrit dans les années 90 et "Transmetropolitan" (scénarisé par Warren Ellis) qui met en scène un journaliste particulièrement déjanté dans un univers cyberpunk.  Plus récente, la série "Saga" met en scène une version science-fiction moderne de Roméo et Juliette.  


Enfin, les mangas ne sont pas en reste dans ce genre particulier de récits.  Mes trois préférés sont "Front Mission, Dog Life & Dog Style" qui met en scène un journaliste de guerre dans un conflit dominé par des Mechs, "Gantz", qui met en scène des personnes mystérieusement ressuscitées par une sorte de machine, qui les utilise pour combattre des créatures qui semblent tout droit sorties de jeux vidéos, et enfin "Moonlight Mile" qui parle de la colonisation et de l'exploitation des ressources de la lune. 



Fantastique

Dans ce domaine, j'apprécie particulièrement les oeuvres en noir et blanc de Chabouté et Comès...  Dans un genre un peu similaire, mais beaucoup moins connu, je vous recommande la série "Courtney Crumrin" de Ted Naifeh.


En comics américains, la série "Hellblazer" qui met en scène John Constantine reste une référence, même si tous les numéros ne se valent pas.  J'ai une préférence pour la série scénarisée par Garth Ennis et dessinée par son compère Steve Dillon.  Ces deux-là sont une valeur sûre pour autant que vous ayez un sens de l'humour assez noir.  

A côté de cela, les séries "Sandman" (de Neil Gaiman) et "Fables" (de Bill Willingham) sont vraiment des incontournables, qui ont servi respectivement de source d'inspiration pour les jeux de rôle Nobilis et City of Mist...  


Espionnage

Voilà une thématique que j'apprécie beaucoup, quel que soit le support.  En bande dessinée franco-belge, je recommande particulièrement les séries "Arlequin" et "XIII".  En comics, mes deux références sont "Queen & Country" (encore et toujours Greg Rucka), qui donne une vision assez réaliste du métier d'agent et des risques associés et "Mind MGMT", de Matt Kindt, qui mélange espionnage, conspirations et pouvoirs mentaux.  


Historique

Il y a pléthore de références dans ce genre particulier, et c'est donc assez dur de vous faire une sélection restreinte.  Voilà ma "short list": 

Les dix premiers tomes des "Tours de Bois Maury" par Hermann sont vraiment très très bien.   On suit les aventures d'un chevalier qui cherche à récupérer titre et fortune à l'époque des croisades. 


A côté de cela, les trois tomes des "Compagnons du crépuscule" par François Bourgeon nous emmènent dans une France de la guerre de cent ans, avec une petite touche de fantastique.  Les personnages sont attachants, et l'histoire bien ficelée.  

La série "Les 7 vies de l'épervier" se déroule à l'époque d'Henri IV est également très bien, à condition de rester focalisé sur la première époque et ses sept albums.  Après, ils ont délayé un peu trop la sauce, et je ne m'y suis plus tellement retrouvé.

La période du western est surreprésentée dans les BD franco-belges.  J'ai une petite faiblesse pour les séries "Comanche" et "Durango"

Je termine ce tour d'horizon de la BD historique par "Corto Maltese", un monument incontournable qui met en scène un marin à la fois pirate et aventurier au début du 20ième siècle, très intelligemment scénarisé, somptueusement dessiné.  A lire absolument. 


Détective / Noir

Voilà encore un domaine dans lequel il y a pléthore de références.  Dans les BD franco-belge, j'ai une certaine attirance pour les polars dessinés par Berthet, et notamment la collection "ligne noire", la série des "Pin-Up" et la série du privé d'Hollywood.  A côté de cela, j'ai découvert relativement récemment la série "Caroline Baldwin" d'André Taymans, que je recommande également.

Le domaine américain ne manque pas non plus d'excellentes références dans le style.  Dans les BD les plus anciennes, je recommande la série "Sin City" de Frank Miller, et plus particulièrement l'arc "J'ai tué pour elle".  Dans le même style, "Fatale", scénarisée par Ed Brubaker, est également à lire.  

A côté de ça, "Gotham Central" et "Powers" sont deux séries qui mettent en scène des policiers sans super pouvoirs dans des univers où il y a des super héros.  


Enfin, la série "Homicide" basée sur le roman "Baltimore", qui a également inspiré la série télévisée "The Wire".  C'est vraiment de la très bonne référence pour un MJ qui voudrait mettre en scène une campagne policière.


Et vous?

Quelles sont les séries de bande dessinées que vous recommanderiez comme inspiration de joueur de jeu de rôle?   Lâchez-vous dans les commentaires. 

mercredi 29 juillet 2020

COPS

Pour ce trente-quatrième épisode de #1jour1jdr je vais évoquer un autre jeu qui trône dans ma ludothèque et est honteusement sous-utilisé: il s’agit de COPS. 

COPS est un jeu qui a été édité par Siroz en 2003, et qui a connu pas moins de 17 suppléments, écran compris, ce qui est plutôt un bon palmarès pour un jeu de rôle français. Comme son nom l’indique, COPS vous propose d’incarner des policiers, mais propose pour cela un setting original: une Californie dans un futur proche, de 2030 à 2035. 

Bon, si on y joue dans 10 ans, on pourra parler d’uchronie, vu que la Californie de COPS a fait sécession du reste des Etats-Unis et dispose donc d’institutions spécifiques, ce qui fait que les forces de police de Los Angeles ont beaucoup plus de pouvoirs et de compétences que dans la vraie vie... 

Dans COPS, vous jouez des policiers d’élite, qui font partie d’une force de police spéciale qui peut se saisir d’à peu près n’importe quelle affaire, juste comme ça. Ce type de fonctionnement et de répartition des tâches n’a absolument aucun sens, mais au final on s’en fout parce que ça va vous permettre à vous, maître de jeu, de confier des enquêtes de toutes sortes à vos PJs, depuis l’assassinat jusqu’au trafic de drogue, pendant que les flics des départements spécialisés dans ce genre de chose font... ma foi, on ne sait pas trop. Je suppose qu’ils mangent des donuts et rédigent des rapports. Un truc comme ça, sûrement. 

Bon, je sais, j’ai l’air critique comme ça, mais en vrai, ça fonctionne plutôt bien cette histoire. Le système de COPS est assez contre-intuitif, puisque les meilleures compétences sont les compétences les plus basses, alors que les meilleures caractéristiques sont les caractéristiques les plus élevées... Le jeu utilise un système où on lance les dés de la caractéristique et où on essaie de battre le score de la compétence. On finit par s’y faire, mais au début, c’est déstabilisant. Ajoutez à ça un système de postures lors des combats qui va permettre à vos super-flics de comprendre très rapidement qu’il vaut mieux rester à couvert si on veut faire de vieux os, mais qui est tellement compliqué en pratique que la plupart des MJ de ma connaissance ont décidé de s’en passer. Ce qui est triste, mais compréhensible. 

Je veux par contre tirer mon chapeau au système de création de personnage qui permet de créer des policiers très variés, avec des origines sociales très différentes. Les stages de police qui permettent aux agents de gagner des petits bonus divers sont également très sympas. 

Si le background criminel de COPS est déjà bien brossé dans le premier supplément du jeu, c’est au fur et à mesure de la publication des autres volumes de la gamme que les différents aspects de l’univers de jeu ont été détaillés: drogue, gangs, mafieux, sectes, presse, espions, tout y passe... Clairement, les auteurs ont eu une vision quasi encyclopédique de leur jeu, et rien qu’avec les six premiers suppléments, vous allez en avoir pour des années de jeu...

vendredi 10 juillet 2020

Mutant City Blues

 

Pour cette quinzième chronique de #1jour1jdr je vous présente un rejeton peu connu de la famille Gumshoe : Mutant City Blues.

 
Ce jeu de rôle écrit par Robin D. Laws met en scène des inspecteurs de police spécialisés dans les enquêtes impliquant des mutants, soit des personnes disposant de super-pouvoirs. Les enquêteurs eux-mêmes peuvent être des mutants ou des policiers sans super-pouvoirs.
 
Un petit truc sympa de ce jeu est le diagramme de Quade, une sorte d’arborescence de pouvoirs et de faiblesses qui sert à créer le personnage, mais qui permet également d’enquêter sur les mutants : en effet, si les pouvoirs utilisés par le criminel sont éloignés dans le diagramme, cela signifie qu’une seule personne ne peut pas en disposer en même temps, et qu’on a (au moins) deux coupables...
 
Le jeu est motorisé par Gumshoe, ce qui signifie en substance qu’il existe deux sortes de compétences et de pouvoirs : ceux qui servent à trouver des indices d’une part, et ceux qui servent à l’action d’autre part. Lorsqu’une compétence d’enquête est utilisée, le personnage trouve automatiquement l’indice si celui-ci est disponible. Les joueurs peuvent dépenser des points de compétence pour obtenir des informations supplémentaires.