mardi 30 juin 2026

Dix ans déjà...

Le temps passe vite.  

Voilà déjà dix ans que j'ai lancé ce blog, avec deux articles: itinéraire d'un roliste gâté présentait mon historique de rôliste, depuis mon adolescence jusque 2016 et retour aux sources parlait mon désir de recommencer à jouer aux jeux de rôles dans le cadre d'un club qui venait de déménager pas trop loin de chez moi. 

Dix ans ont passé depuis ces articles, ce blog a eu une production très inégale pendant cette période, et ma vie de joueur de jeux de rôles a été bien occupée.  Il est sans doute temps pour moi de faire le point, de réfléchir à tout ce que j'ai fait, à ce qui s'est bien passé, à ce qui aurait pu être mieux géré, à ce qui m'a plu et ce qui m'a ennuyé, aux leçons apprises, aux amis rencontrés puis parfois perdus en cours de route.  C'est de tout ça que je vais parler aujourd'hui. 

Le présentiel et le virtuel

Si pendant les dix dernières années, j'ai eu l'occasion de jouer et de maîtriser un grand nombre de parties de jeu de rôle, y compris pendant la crise COVID, c'est parce que j'ai commencé, en plus des parties jouées au club de l'Opale Noire, à jouer en virtuel. 

Cette petite révolution n'a pas été simple à mettre en oeuvre: il y a eu beaucoup de tâtonnements quant aux outils informatiques à utiliser, que ce soit pour gérer les voix et les sons ou pour créer une table virtuelle qui gère les plans, les jets de dés, les feuilles de personnage, etc.  Mon choix s'est porté au départ sur Discord (pour le vocal) et sur Roll20 (pour la table virtuelle). 

Aujourd'hui, j'utilise plutôt Miro pour les tables virtuelles: il s'agit d'une interface très facile à utiliser et qui permet de partager de façon beaucoup plus interactive des contenus.  Cela demande moins de travail de préparation pour le maître de jeu et permet aux joueurs de contribuer plus facilement.

Le virtuel a des avantages et des désavantages.  D'une part, et c'est la raison principale pour laquelle je m'y suis mis, elle me permet de jouer avec des amis qui sont loin de chez moi, mais aussi avec des joueurs avec qui j'ai des affinités, un peu partout en Belgique et en France.  De plus, une fois la partie terminée, on peut se déconnecter et aller se mettre au lit rapidement, ce qui permet de jouer également certaines soirées pendant la semaine.  D'autre part, il est difficile de garder un engagement des joueurs pendant une longue durée via ce médium, et jouer avec un nombre important de joueurs est plus difficile.  Pour toutes ces raisons, je recommande des sessions de deux heures avec trois joueurs maximum. 

En présentiel, je suis parvenu à mettre en place un rythme assez régulier en jouant le plus souvent possible les dimanche après-midi au club.  J'ai choisi ce créneau car il était peu utilisé, et surtout parce que nos activités familiales ce jour là se réduisaient à peau de chagrin.  Cela m'a permis de rencontrer quelques joueurs réguliers, et aussi de retrouver de vieux amis perdus de vue depuis mes années à l'athénée...

Les démos et les campagnes

Lorsque j'ai rejoint le club en 2016, je me suis donné comme objectif d'essayer de consacrer au moins une partie de mon temps à des joueurs qui n'étaient pas encore intégré dans la structure, afin d'augmenter la fréquentation du club.  J'ai donc mis en place des séances de démo régulièrement, et j'en ai profité pour tester plein de jeux de ma ludothèque.  Cela m'a permis de rencontrer beaucoup de joueurs, certains qui faisaient leur première partie, et d'autres qui avaient une certaine expérience du jeu de rôle, mais qui avaient arrêté de jouer depuis un moment déjà.  Un certain nombre d'entre eux jouent toujours dans le club aujourd'hui, d'autres sont repartis vers d'autres horizons. 

Parallèlement à cela, j'ai joué et maîtrisé un certain nombre de campagnes, en ligne et sur table.  Certaines ont duré 10 ou 20 séances, mais d'autres se sont jouées à plus long terme, la plus longue atteignant 75 séances jouées en ligne...  Ces multiples expériences m'ont permis de constater que j'ai finalement assez peu d'appétence pour les longues campagnes: 10 ou 20 séances me conviennent généralement mieux que 50 ou 60.  

Citer toutes les campagnes jouées pendant cette période serait un peu trop long pour cet article.  Je vais malgré tout citer les quelques campagnes publiées qui m'ont particulièrement plu: "Le Dieu Voilé", pour Barbarians of Lemuria, "Pax Erinyon" pour Coureurs d'orages, "Crypt of the Devil Lich" pour Dungeon Crawl Classics, "Impossible Landscapes" pour Delta Green et enfin, le coffret "Les encagés" édité par les 12 singes...   

Je ferai peut-être un débriefing plus détaillé des campagnes que j'ai jouées ou maîtrisées dans une série d'articles.  Dites-moi si ça vous branche dans les commentaires. 

La quête sans fin du jeu de rôle parfait

Lors d'un récent inventaire, je me suis rendu compte que 320 jeux de rôles différents étaient passés entre mes mains, et qu'il en restait encore environ 160 dans mes bibliothèques.  Une des raisons de cette accumulation est ma curiosité pour les dernières sorties rolistes, mais ce qui me motive particulièrement, c'est l'idée de trouver le jeu de rôle qui répondra à mes besoins dans différentes thématiques.   J'en avais déjà parlé brièvement dans mon article sur Oltréé! en 2016, alors que j'espérais encore que ce jeu puisse répondre à mon besoin dans le domaine du médiéval fantastique...  

Au cours des dix dernières années, j'ai eu l'occasion d'essayer ou de retenter un certain nombre de jeux de rôles, comme joueur ou comme maître de jeu, et cela m'a permis de trouver mon bonheur dans certains cas, ou de constater que tel ou tel jeu ne me convenait finalement pas...  

Le médiéval fantastique

Pour ce qui concerne le médiéval fantastique, Oltréé! n'a finalement pas résisté au test de la durée: la méthodologie développée par les règles ne permettait pas de gérer correctement les personnages de haut niveau, et j'ai finalement mis fin à la campagne que nous avions commencée après une vingtaine de parties, ce qui n'est pas si mal, finalement.  

J'ai essayé plein d'autres jeux dans cette thématique pendant les dix dernières années: Chroniques oubliées, le DK Système, Premières Légendes Celtiques, HawkmoonCoureurs d'orages, Shadows of the Demon Lord, Héros & Dragon, WhiteboxDungeons & Dragons 5ième édition, Forbidden Landsl'Anneau Unique, Old School Essentials, AD&D, Lamentations of the Flame Princess, Pendragon, Wastburg, Barbarians of Lemuria et Dungeon Crawl Classics.  

Aujourd'hui, après toutes ces expériences j'utilise principalement Dungeon Crawl Classics pour maîtriser des aventures de fantasy héroïque avec des personnages qui évoluent plus ou moins rapidement pour devenir des héros et Barbarians of Lemuria pour de la Sword & Sorcery à la Conan.  Pour des scénarios one-shot ou de démo, je ressors plutôt Coureurs d'orage, à la fois simple et très pratique.  

Il reste dans ma ludothèque un certain nombre de jeux sur ce thème que je n'ai jamais utilisés: Zweihänder, Ryuutama, Rêve de Dragon... le tri n'est malheureusement pas terminé, mais progresse dans l'ensemble assez bien. 

Horreur et surnaturel

Il s'agit d'une des catégories les plus encombrées de mes étagères.  Alors, bien évidemment, sur les 10 dernières années, j'ai joué à l'Appel de Cthulhu, difficile de passer à côté de celui-là, mais j'ai aussi joué ou maîtrisé Vade-Mecum, Within, Monster of the Week, Monsterhearts, Channel Fear, Sombre, Orpheus, Night's Black Agents, Mage, Delta Green, Achtung Cthulhu et Maléfices.

Là encore, après toutes ces expérimentations, je ne peux pas dire que je peux me limiter à un seul jeu phare dans cette catégorie.  Une chose est sûre: j'ai définitivement renoncé à l'univers du monde des ténèbres dans presque toutes ses déclinaisons, alors que dans les années 90, j'étais un fanboy absolu de ces gammes, que je suivais religieusement.  Bref, aujourd'hui, pour maîtriser des parties sur le pouce, j'utiliserais plutôt Sombre, pour des mini-campagnes de quelques séances, je crois que j'irais vers Monster of the Week ou Monsterhearts.  Pour des campagnes plus longue, je sortirais Within ou Delta Green, en fonction du feeling que je voudrais donner à l'aventure. 

Mais bien sûr, il reste encore plein de jeux à tester sur mes étagères: Invisible Sun, Liminal, Brain Soda, Over the Edge, Meute, Moonlight on Roseville Beach, Triangle Agency, Kult Dinvinity Lost...   Un jour peut-être.

Science-fiction

Encore une catégorie pour laquelle j'ai une certaine affinité: je vous ai déjà parlé d'Empire Galactique, mais j'ai aussi maîtrisé ou joué à Eclipse Phase, Numenera, Final Frontier, Mothership, Timewatch, Alien, Blade Runner, Traveller et Star Marx

J'aimerais pouvoir dire que j'ai trouvé mon bonheur également en science-fiction, mais en réalité, ce n'est pas vraiment le cas: la plupart des jeux sont construits sur un univers très spécifique, souvent les règles sont inutilement compliquées ou déséquilibrées.  Etonnamement, ma vieille première édition d'Empire Galactique constitue une bonne base de départ, mais demanderait un peu de travail pour être parfaitement exploitable.  A ce stade, si je devais maîtriser un jeu de ce type, c'est là-dessus que je partirais.   

Evidemment, il me reste plein de jeux à tester également dans cette catégorie: Mindjammer, 2300AD, Dune, etc...

Systèmes génériques

En jeu de rôle, c'est un peu la quadrature du cercle: trouver un jeu aux règles satisfaisantes qui peut se décliner facilement sur n'importe quel univers.  Si dans les années 80-90, nous n'avions que Basic et GURPS à nous mettre sous ma dent, l'offre s'est considérablement élargie aujourd'hui avec des systèmes comme HITOS, FACES, Savage World, Cerbère, FATE ou encore Not the End.  J'ai pu essayer ou réessayer tout ça pendant les dix dernières années.  

Après tous ces essais, je n'ai toujours pas réussi à trouver mon système fétiche.  F.A.C.E.S de James Tornade fonctionne assez bien dans l'ensemble, mais je ne l'utiliserais pas pour toutes les occasions.  FATE me semble un autre bon candidat, mais je ne l'ai pas assez joué ou maîtrisé que pour être sûr à 100% qu'il conviendra à toutes les situations.  Affaire à suivre, donc. 

Autres jeux

En dehors de cela, j'ai exploré au cours de ces dix années des histoires de samouraïs avec Légendes des Cinq Anneaux et Sang & Honneur, des univers post-apocalyptiques avec Mutant Crawl Classics et Dark Earth, des histoires de super-héros ou d'êtres surpuissants avec Hexagon, Ambre, Nobilis et City of Mist, des aventures de cape et d'épée avec Striscia et les Secrets de la Septième Mer deuxième édition, un western avec La nuit des chasseurs, etc.  

J'ai aussi joué à quelques jeux sans maîtres de jeu, dont le meilleur était indubitablement Yazeba Bed & Breakfast, dans lequel nous interprétons le staff et les clients d'un hotel dans un univers de fantasy.  

Et maintenant ?

Avec 160 jeux sur mes étagères, il est évident que j'ai bien assez de matériel pour jouer encore de longues années, à mon rythme actuel de 80 parties par an.  Il en reste même beaucoup trop.  Une ludothèque contenant une cinquantaine de jeux serait largement suffisante pour répondre à mes besoins.  Ca va être le défi des prochaines années: réduire ma collection et la recentrer sur les jeux auxquels je joue vraiment.  Je n'ai pas vraiment envie de faire cet exercice sans donner une petite chance aux jeux qui y figurent, a minima en essayant de les lire, et idéalement en maîtrisant une petite partie de test ou de démo.

Crédits

L'illustration en haut de l'article est de Tomas Duchek: je cherchais un vieil aventurier pour illustrer cet article, et elle m'a semblé très appropriée.

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