mardi 30 juin 2026

Dix ans déjà...

Le temps passe vite.  

Voilà déjà dix ans que j'ai lancé ce blog, avec deux articles: itinéraire d'un roliste gâté présentait mon historique de rôliste, depuis mon adolescence jusque 2016 et retour aux sources parlait mon désir de recommencer à jouer aux jeux de rôles dans le cadre d'un club qui venait de déménager pas trop loin de chez moi. 

Dix ans ont passé depuis ces articles, ce blog a eu une production très inégale pendant cette période, et ma vie de joueur de jeux de rôles a été bien occupée.  Il est sans doute temps pour moi de faire le point, de réfléchir à tout ce que j'ai fait, à ce qui s'est bien passé, à ce qui aurait pu être mieux géré, à ce qui m'a plu et ce qui m'a ennuyé, aux leçons apprises, aux amis rencontrés puis parfois perdus en cours de route.  C'est de tout ça que je vais parler aujourd'hui. 

Le présentiel et le virtuel

Si pendant les dix dernières années, j'ai eu l'occasion de jouer et de maîtriser un grand nombre de parties de jeu de rôle, y compris pendant la crise COVID, c'est parce que j'ai commencé, en plus des parties jouées au club de l'Opale Noire, à jouer en virtuel. 

Cette petite révolution n'a pas été simple à mettre en oeuvre: il y a eu beaucoup de tâtonnements quant aux outils informatiques à utiliser, que ce soit pour gérer les voix et les sons ou pour créer une table virtuelle qui gère les plans, les jets de dés, les feuilles de personnage, etc.  Mon choix s'est porté au départ sur Discord (pour le vocal) et sur Roll20 (pour la table virtuelle). 

Aujourd'hui, j'utilise plutôt Miro pour les tables virtuelles: il s'agit d'une interface très facile à utiliser et qui permet de partager de façon beaucoup plus interactive des contenus.  Cela demande moins de travail de préparation pour le maître de jeu et permet aux joueurs de contribuer plus facilement.

Le virtuel a des avantages et des désavantages.  D'une part, et c'est la raison principale pour laquelle je m'y suis mis, elle me permet de jouer avec des amis qui sont loin de chez moi, mais aussi avec des joueurs avec qui j'ai des affinités, un peu partout en Belgique et en France.  De plus, une fois la partie terminée, on peut se déconnecter et aller se mettre au lit rapidement, ce qui permet de jouer également certaines soirées pendant la semaine.  D'autre part, il est difficile de garder un engagement des joueurs pendant une longue durée via ce médium, et jouer avec un nombre important de joueurs est plus difficile.  Pour toutes ces raisons, je recommande des sessions de deux heures avec trois joueurs maximum. 

En présentiel, je suis parvenu à mettre en place un rythme assez régulier en jouant le plus souvent possible les dimanche après-midi au club.  J'ai choisi ce créneau car il était peu utilisé, et surtout parce que nos activités familiales ce jour là se réduisaient à peau de chagrin.  Cela m'a permis de rencontrer quelques joueurs réguliers, et aussi de retrouver de vieux amis perdus de vue depuis mes années à l'athénée...

Les démos et les campagnes

Lorsque j'ai rejoint le club en 2016, je me suis donné comme objectif d'essayer de consacrer au moins une partie de mon temps à des joueurs qui n'étaient pas encore intégré dans la structure, afin d'augmenter la fréquentation du club.  J'ai donc mis en place des séances de démo régulièrement, et j'en ai profité pour tester plein de jeux de ma ludothèque.  Cela m'a permis de rencontrer beaucoup de joueurs, certains qui faisaient leur première partie, et d'autres qui avaient une certaine expérience du jeu de rôle, mais qui avaient arrêté de jouer depuis un moment déjà.  Un certain nombre d'entre eux jouent toujours dans le club aujourd'hui, d'autres sont repartis vers d'autres horizons. 

Parallèlement à cela, j'ai joué et maîtrisé un certain nombre de campagnes, en ligne et sur table.  Certaines ont duré 10 ou 20 séances, mais d'autres se sont jouées à plus long terme, la plus longue atteignant 75 séances jouées en ligne...  Ces multiples expériences m'ont permis de constater que j'ai finalement assez peu d'appétence pour les longues campagnes: 10 ou 20 séances me conviennent généralement mieux que 50 ou 60.  

Citer toutes les campagnes jouées pendant cette période serait un peu trop long pour cet article.  Je vais malgré tout citer les quelques campagnes publiées qui m'ont particulièrement plu: "Le Dieu Voilé", pour Barbarians of Lemuria, "Pax Erinyon" pour Coureurs d'orages, "Crypt of the Devil Lich" pour Dungeon Crawl Classics, "Impossible Landscapes" pour Delta Green et enfin, le coffret "Les encagés" édité par les 12 singes...   

Je ferai peut-être un débriefing plus détaillé des campagnes que j'ai jouées ou maîtrisées dans une série d'articles.  Dites-moi si ça vous branche dans les commentaires. 

La quête sans fin du jeu de rôle parfait

Lors d'un récent inventaire, je me suis rendu compte que 320 jeux de rôles différents étaient passés entre mes mains, et qu'il en restait encore environ 160 dans mes bibliothèques.  Une des raisons de cette accumulation est ma curiosité pour les dernières sorties rolistes, mais ce qui me motive particulièrement, c'est l'idée de trouver le jeu de rôle qui répondra à mes besoins dans différentes thématiques.   J'en avais déjà parlé brièvement dans mon article sur Oltréé! en 2016, alors que j'espérais encore que ce jeu puisse répondre à mon besoin dans le domaine du médiéval fantastique...  

Au cours des dix dernières années, j'ai eu l'occasion d'essayer ou de retenter un certain nombre de jeux de rôles, comme joueur ou comme maître de jeu, et cela m'a permis de trouver mon bonheur dans certains cas, ou de constater que tel ou tel jeu ne me convenait finalement pas...  

Le médiéval fantastique

Pour ce qui concerne le médiéval fantastique, Oltréé! n'a finalement pas résisté au test de la durée: la méthodologie développée par les règles ne permettait pas de gérer correctement les personnages de haut niveau, et j'ai finalement mis fin à la campagne que nous avions commencée après une vingtaine de parties, ce qui n'est pas si mal, finalement.  

J'ai essayé plein d'autres jeux dans cette thématique pendant les dix dernières années: Chroniques oubliées, le DK Système, Premières Légendes Celtiques, HawkmoonCoureurs d'orages, Shadows of the Demon Lord, Héros & Dragon, WhiteboxDungeons & Dragons 5ième édition, Forbidden Landsl'Anneau Unique, Old School Essentials, AD&D, Lamentations of the Flame Princess, Pendragon, Wastburg, Barbarians of Lemuria et Dungeon Crawl Classics.  

Aujourd'hui, après toutes ces expériences j'utilise principalement Dungeon Crawl Classics pour maîtriser des aventures de fantasy héroïque avec des personnages qui évoluent plus ou moins rapidement pour devenir des héros et Barbarians of Lemuria pour de la Sword & Sorcery à la Conan.  Pour des scénarios one-shot ou de démo, je ressors plutôt Coureurs d'orage, à la fois simple et très pratique.  

Il reste dans ma ludothèque un certain nombre de jeux sur ce thème que je n'ai jamais utilisés: Zweihänder, Ryuutama, Rêve de Dragon... le tri n'est malheureusement pas terminé, mais progresse dans l'ensemble assez bien. 

Horreur et surnaturel

Il s'agit d'une des catégories les plus encombrées de mes étagères.  Alors, bien évidemment, sur les 10 dernières années, j'ai joué à l'Appel de Cthulhu, difficile de passer à côté de celui-là, mais j'ai aussi joué ou maîtrisé Vade-Mecum, Within, Monster of the Week, Monsterhearts, Channel Fear, Sombre, Orpheus, Night's Black Agents, Mage, Delta Green, Achtung Cthulhu et Maléfices.

Là encore, après toutes ces expérimentations, je ne peux pas dire que je peux me limiter à un seul jeu phare dans cette catégorie.  Une chose est sûre: j'ai définitivement renoncé à l'univers du monde des ténèbres dans presque toutes ses déclinaisons, alors que dans les années 90, j'étais un fanboy absolu de ces gammes, que je suivais religieusement.  Bref, aujourd'hui, pour maîtriser des parties sur le pouce, j'utiliserais plutôt Sombre, pour des mini-campagnes de quelques séances, je crois que j'irais vers Monster of the Week ou Monsterhearts.  Pour des campagnes plus longue, je sortirais Within ou Delta Green, en fonction du feeling que je voudrais donner à l'aventure. 

Mais bien sûr, il reste encore plein de jeux à tester sur mes étagères: Invisible Sun, Liminal, Brain Soda, Over the Edge, Meute, Moonlight on Roseville Beach, Triangle Agency, Kult Dinvinity Lost...   Un jour peut-être.

Science-fiction

Encore une catégorie pour laquelle j'ai une certaine affinité: je vous ai déjà parlé d'Empire Galactique, mais j'ai aussi maîtrisé ou joué à Eclipse Phase, Numenera, Final Frontier, Mothership, Timewatch, Alien, Blade Runner, Traveller et Star Marx

J'aimerais pouvoir dire que j'ai trouvé mon bonheur également en science-fiction, mais en réalité, ce n'est pas vraiment le cas: la plupart des jeux sont construits sur un univers très spécifique, souvent les règles sont inutilement compliquées ou déséquilibrées.  Etonnamment, ma vieille première édition d'Empire Galactique constitue une bonne base de départ, mais demanderait un peu de travail pour être parfaitement exploitable.  A ce stade, si je devais maîtriser un jeu de ce type, c'est là-dessus que je partirais.   

Evidemment, il me reste plein de jeux à tester également dans cette catégorie: Mindjammer, 2300AD, Dune, etc...

Systèmes génériques

En jeu de rôle, c'est un peu la quadrature du cercle: trouver un jeu aux règles satisfaisantes qui peut se décliner facilement sur n'importe quel univers.  Si dans les années 80-90, nous n'avions que Basic et GURPS à nous mettre sous ma dent, l'offre s'est considérablement élargie aujourd'hui avec des systèmes comme HITOS, FACES, Savage World, Cerbère, FATE ou encore Not the End.  J'ai pu essayer ou réessayer tout ça pendant les dix dernières années.  

Après tous ces essais, je n'ai toujours pas réussi à trouver mon système fétiche.  F.A.C.E.S de James Tornade fonctionne assez bien dans l'ensemble, mais je ne l'utiliserais pas pour toutes les occasions.  FATE me semble un autre bon candidat, mais je ne l'ai pas assez joué ou maîtrisé que pour être sûr à 100% qu'il conviendra à toutes les situations.  Affaire à suivre, donc. 

Autres jeux

En dehors de cela, j'ai exploré au cours de ces dix années des histoires de samouraïs avec Légendes des Cinq Anneaux et Sang & Honneur, des univers post-apocalyptiques avec Mutant Crawl Classics et Dark Earth, des histoires de super-héros ou d'êtres surpuissants avec Hexagon, Ambre, Nobilis et City of Mist, des aventures de cape et d'épée avec Striscia et les Secrets de la Septième Mer deuxième édition, un western avec La nuit des chasseurs, etc.  

J'ai aussi joué à quelques jeux sans maîtres de jeu, dont le meilleur était indubitablement Yazeba Bed & Breakfast, dans lequel nous interprétons le staff et les clients d'un hotel dans un univers de fantasy.  

Et maintenant ?

Avec 160 jeux sur mes étagères, il est évident que j'ai bien assez de matériel pour jouer encore de longues années, à mon rythme actuel de 80 parties par an.  Il en reste même beaucoup trop.  Une ludothèque contenant une cinquantaine de jeux serait largement suffisante pour répondre à mes besoins.  Ca va être le défi des prochaines années: réduire ma collection et la recentrer sur les jeux auxquels je joue vraiment.  Je n'ai pas vraiment envie de faire cet exercice sans donner une petite chance aux jeux qui y figurent, a minima en essayant de les lire, et idéalement en maîtrisant une petite partie de test ou de démo.

Crédits

L'illustration en haut de l'article est de Tomas Duchek: je cherchais un vieil aventurier pour illustrer cet article, et elle m'a semblé très appropriée.

lundi 13 avril 2026

Retour de partie : the Yellow Book of Brechewold

Comme je l'expliquais en 2020 déjà dans un des tous premiers articles de ce blog, Lamentations of the Flame Princess est un des jeux de ma collection que je n'ai pas eu le plaisir de maîtriser énormément.  Et les choses ne se sont pas arrangées ces six dernières années: à part le scénario Scenic Dunnsmouth, que j'ai eu l'occasion de maîtriser l'année dernière en douze heures de jeu ininterrompue, je n'ai pratiquement pas utilisé ce jeu depuis lors.  C'est qu'avec Dungeon Crawl Classics, il fait en quelque sorte double emploi dans ma collection.  

Malgré ça, il s'agit d'une des gammes que je suis encore régulièrement en version anglaise, puisque les traductions françaises se sont malheureusement taries, Black Book Editions ayant lâché l'affaire après quelques ouvrages.   

Et parmi les suppléments sur lesquels j'ai pu mettre la main, il y a ce "Yellow Book of Brechewold", dont le pitch avait titillé ma curiosité: une école de magie, croisement entre Harry Potter et les mythes arthuriens, avec la dangerosité d'une aventure OSR, ça ne se refuse pas vraiment...  


Encore fallait-il trouver le groupe qui soit prêt à se lancer à l'aventure, et l'occasion s'est présentée récemment lorsque quelques nouveaux membres de notre club de jeu ont émis le souhait de tenter cette aventure.  J'ai donc replongé dans ce manuel pour préparer ma session, qui avait lieu dimanche dernier. 

L'équipe

J'ai créé quatre personnages pour l'occasion, sur la base de quelques questions posées aux joueurs via discord, et en essayant de leur donner des enjeux, des atouts et des personnalités différentes: il y a donc Alyan, un elfe qui a vécu la plus grande partie de sa vie parmi les humains, et n'a découvert que très récemment qu'il venait du monde féérique, Vangrif, un magicien qui a une certaine affinité avec les loups, Simeralda, une clerc qui tire ses pouvoirs d'une amulette d'un dieu solaire, et Windson, un spécialiste qui n'a aucun pouvoir magique propre, et ne devrait sans doute pas être là, mais qui a reçu néanmoins une invitation parce qu'il a trouvé une épée magique et intelligente, qui lui a attiré pas mal d'ennuis...  Petite entorse à l'esprit osr de ce jeu: j'ai été assez généreux pour les caractéristiques, en lançant 4d6 et en gardant les trois meilleurs.  Tous ces personnages sont assez jeunes: entre 12 et 14 ans pour les humains, un peu plus pour l'elfe.

L'arrivée à l'école

Nos quatre jeunes étudiants se retrouvent donc à la croisée des chemins, près du petit village d'Ygraine, au coeur de l'Angleterre.  C'est là qu'ils ont rendez-vous avec leur destin, qui prend la forme d'un poteau indicateur qui tombe du ciel pour leur indiquer la direction à prendre: une petite piste qui s'enfonce dans la forêt, et qu'ils n'avaient pas remarquée auparavant.   Etait-elle seulement là?  Chemin faisant, ils rencontrent le concierge de l'école: Howl, un petit singe coiffé d'un fez, qui court de branche en branche et leur souhaite la bienvenue.  Il les guide le reste du chemin, et ils finissent par arriver au bord d'un lac: sur un piton rocheux qui surplombe celui-ci s'élève une sorte de château, qui abrite l'école de Brechewold.  Howl leur confie que l'école a été fondée par Merlyn en personne, mais c'était il y a bien longtemps. 

Dans la grande salle de l'école, un banquet a lieu: tous les élèves et les treize professeurs sont rassemblés.  Ambrosius, le directeur de l'école, fait un petit speach d'arrivée, et invite tous les étudiants à se restaurer: le choix de leurs cursus aura lieu le lendemain matin.  En attendant, une pieuvre cuisinière circule entre les tables et recharge volontiers les assiettes des étudiants les plus gourmants.  C'est l'occasion d'un premier contact avec les autres élèves, qui sont principalement humains, même s'il y a un elfe ou deux...

Le choix des apprentissages

Le lendemain, c'est donc le moment pour les personnages de choisir leurs options.  

Windson choisit de suivre le cours d'identification sur le terrain avec Madoc le naturaliste, un homme barbu et bourru, et celui de la forge pour les débutants, avec Fullveig, le demi-troll forgeron. 

Simeralda opte pour le cours de manipulation des gens donné par Isolde l'enchanteresse et les séances de spiritisme de Rhiannon la prophétesse. 

Vangrif choisit de suivre l'enseignement d'Aelwyn le conjurateur sur les diablotins mineurs, ainsi que celui d'Ecbert le bibliothécaire sur le language des fées.

Enfin, Alyan opte également pour le cours de manipulation des gens d'Isolde et celui de transit des sphères de l'astronome elfe qui se fait appeler "Un avec le cosmos".

Alors que le premier semestre avance, les étudiants acquièrent leurs premiers rudiments de savoir magiques, et entendent diverses rumeurs sur les souterrains de l'école, ainsi que sur quelques personnes qui vivent aux alentours.  Ils apprennent ainsi qu'il existe une porte secrète qui mène au premier sous-sol dans la bibliothèque, et décident d'aller visiter celui-ci...

Première exploration des souterrains

Dès la première pièce, les étudiants prennent conscience de la dangerosité de ces sous-sols: une caverne est séparée par un gouffre de plusieurs mètres, et il ne reste plus grand chose du pont de corde qui permettait de traverser.  Réticents à l'idée de sauter par-dessus ce vide, duquel remontent régulièrement des souffles d'air chaud, les étudiants décident d'explorer prioritairement d'autres parties des souterrains.  

Entre autre péripéties, ils découvrent l'amphithéâtre dans lequel les cours d'embaumement sont dispensés, une pièce traversée de fils de soie au centre de laquelle trône une dague finement ouvragée (dont ils s'emparent), une salle de classe complète figée dans le temps, et une mystérieuse porte qui les téléporte dans une autre pièce des souterrains, tout en les réduisant à la taille d'une souris...  

Ils finissent par faire demi-tour et rejoindre leurs dortoirs, exaltés par tant de découvertes.  Qui sait quels autres mystères ces souterrains peuvent renfermer? 

Ils le découvriront sans aucun doute à la prochaine séance...

mardi 31 mars 2026

Jouer à Dungeon Crawl Classics - sixième partie - le nain

Dungeon Crawl Classics

Dungeon Crawl Classics (en abrégé "DCC") est un jeu de rôle développé par Goodman Games et traduit en français par Akileos.  Son ambition est de proposer un jeu de rôle similaire, mais néanmoins différent des premières éditions de Donjons & Dragons, en s'inspirant fortement des oeuvres mentionnées dans l'appendix N du plus ancien des jeux de rôles. 

Même s'il a des airs de ressemblance avec Donjons & Dragons, DCC s'en écarte sur des points assez essentiels et qui font toute la différence.  

La classe de nain

Dans un article précédent, je vous ai donné les règles de base du jeu, suffisantes pour jouer votre première partie "entonnoir".  Si tout s'est bien passé, au moins un de vos personnages de niveau zéro a survécu à cette expérience, est passé au niveau un et va devoir se choisir une classe de personnage.  Dans cet article, je vous livre les règles relatives à la classe de nain.


Dés de vie et points de vie

Le nain utilise un dé à dix faces (1d10) pour déterminer ses points de vie à chaque niveau gagné.  Ceux-ci s'ajoutent aux points de vie de départ du personnage de niveau zéro.  Le modificateur d'endurance vient s'ajouter (ou se soustraire) des points gagnés à chaque niveau. 

Jets de sauvegardes

Les jets de sauvegarde du nain bénéficient de bonus, en fonction de son niveau (voir table 1-18, page 62 du manuel de règles de DCC).  

Armes et armures

Le nain préfère utiliser une combinaison arme plus bouclier (voir ci-dessous).  

Il maîtrise la dague, l'épée à deux mains, l'épée longue, l'épée courte, le gourdin, la hachette, la hache de bataille, la lance, le marteau de guerre, la masse, l'arbalète, l'arc court, la fronde et le javelot.  

Le nain peut utiliser toutes les armures, mais attention: la plupart de celles-ci donnent des malus aux jets de discrétion, d'escalade, de natation, etc.  On troque donc de la mobilité contre de la protection.

Arme favorite et modificateur de chance

Comme le guerrier, le nain peut choisir un type d'arme qui va devenir son arme favorite: avec cette arme, il bénéficie de son modificateur de chance pour ses jets d'attaque. 

Coup de bouclier

S'il utilise un bouclier, le nain peut donner une deuxième attaque avec celui-ci à chaque round.  Il utilise 1d14 pour toucher, mais y ajoute son dé de haut fait.  Un bouclier fait 1d3 dégâts. 

Infravision et talents souterrains

Le nain peut voir dans le noir jusque 18 mètres.  Ils ont un bonus égal à leur niveau pour détecter des pièges, des passages inclinés, des murs coulissants ou d'autres constructions souterraines.  Il peut également sentir la présence d'or ou de pierres précieuses dans un rayon de 30 mètres maximum. 

Bonus à l'attaque et aux dommages

Comme le guerrier, le nain dispose d'un dé de haut fait, qui va s'ajouter à toutes ses attaques ainsi qu'aux dégâts qu'il inflige.  Au premier niveau, ce dé est un dé à trois faces (1d3).

Haut-faits

Le dé de haut fait ne sert pas que de simple bonus: le nain peut déclarer, avant d'attaquer, qu'il tente de réaliser une manoeuvre particulière en plus d'attaquer.  Il peut par exemple tenter de désarmer quelqu'un, ou de le faire basculer par-dessus une rambarde, ou encore de couper le dard du scorpion géant qu'il affronte.  

Si l'attaque réussit et que le dé de haut fait indique un résultat de trois ou plus, la manoeuvre réussit.  Alors bien sûr, au premier niveau, ça ne donne au nain qu'une chance sur trois de réussir sa manoeuvre, mais lorsqu'il monte en niveau, cette capacité a beaucoup plus de chances de fonctionner.

Lenteur

Le nain se déplace moins rapidement que les autres personnages: il a un mouvement de 6 mètres (au lieu de 9).  S'il porte une lourde armure, cela peut encore le ralentir.

Evolution du nain

Le nain gagne une deuxième attaque à partir du niveau 5. 

En dehors de cela, la plupart des capacités mentionnées ci-avant augmentent avec les niveaux: les bonus de sauvegarde sont plus élevés, les chances de coups critiques augmentent, et surtout, le dé de haut fait s'incrémente, niveau après niveau, ce qui améliore les capacités du nain à réaliser des manoeuvres exceptionnelles.

Langues

Le nain parle automatiquement la langue naine, et une langue supplémentaire, en plus du commun.  S'il dispose d'un modificateur d'intelligence positif, il peut connaître des langues supplémentaires.

Et... c'est déjà tout

Voilà les amis, tout ce que vous avez besoin de savoir pour jouer un nain dans une partie de Dungeon Crawl Classics...   

J'espère que cet article vous aura été utile: n'hésitez pas à m'envoyer du feedback à ce propos, via les commentaires ci-dessous.  

mardi 24 mars 2026

Conçus pour être joué

Je me suis creusé un peu la tête, me demandant de quoi j'allais bien pouvoir vous entretenir sur ce blog, et après réflexion, je me suis dit que ce serait plus simple si j'explorais quelques thématiques qui me tiennent à coeur.  

Voici donc un premier article à propos d'un concept tellement bien qu'on utilise un mot anglais pour l'exprimer: le game design...  

Alors, immédiatement, je me sens complètement illégitime pour vous parler de ce genre de choses, vu que je n'ai jamais, moi-même, écrit de jeu de rôle. Tout au plus ai-je rédigé quelques scénarios pour des événements de jeu de rôle... J'ai aussi contribué à quelques playtests sur des jeux de plateaux en cours de développement.  

Malgré tout, vous avez à présent compris qu'en 40 ans de jeu, j'ai accumulé plus que ma part de matériel, et que j'ai eu l'occasion de lire et d'essayer beaucoup de choses. C'est cette expérience d'utilisateur que je vais explorer ici, ce qui me permet de dépasser un peu le syndrôme de l'imposteur qui me saisit alors que je débute cette rubrique.

Alors, pour commencer, j'aimerais vous parler des manuels de règles de jeu, de manière générale, et de la façon dont ils sont écrits.  De ce qui fonctionne pour moi, et de ce qui me saoûle un peu, beaucoup, passionnément... 

Commençons par enfoncer une porte ouverte: lorsque j'achète un jeu de rôle, c'est pour y jouer. Ce que j'achète, ce n'est pas un "beau livre", ni un roman illustré, et encore moins un guide de voyage. Ce que je veux, c'est un manuel pratique, lisible, compréhensible et auquel je pourrai rapidement me référer en cours de partie.  On va donc aborder ci-dessous les qualités que je recherche dans un bouquin de jeu de rôle, et les défauts que je trouve rhédibitoires.  

1. Le support: solidité et durabilité

En premier lieu, examinons l'objet en lui-même, et avant même de nous intéresser à son contenu, un point essentiel émerge déjà: ce manuel doit être solide, car il va être manipulé des centaines de fois à la table de jeu par mes petites mains avides, et pleines de résidus graisseux des joueurs amateurs de chips.  

Sa reliure doit tenir le coup, il doit pouvoir s'ouvrir et se refermer des centaines de fois sans s'abîmer, et son papier doit être de bonne qualité.  Le top du top de ce point de vue reste les reliures cousues-collées: elles vont résister sans problème sur la durée, et il va falloir y aller franchement pour les faire craquer.  

Les livrets agrafés tiennent la distance également, à condition de ne pas être stockés dans un endroit trop humide, sans quoi les agrafes vont rouiller, et même si on peut les remplacer, ça reste une opération délicate.

Les livrets reliés à la colle sont une catastrophe après quelques années.  La colle sèche, craque, les pages finissent par se détacher, et on a une belle couverture en carton pleine de feuille volantes.  Un carnage. 

2. La mise en page: sobre mais efficace

Deuxième point important pour moi: la mise en page.  Je ne vais pas y aller par quatre chemins, depuis que la quadrichromie est devenue la norme, il y a une tendance très forte à publier des manuels de jeux saturés d'illustrations, avec une mise en page assez chargée, des fonds colorés, souvent trop sombres, et un manque de contraste entre le texte et le fond sur lequel il est imprimé.  Parfois, c'est agravé par une police de caractère ridiculement petite, ce qui rend le tout difficilement lisible. 

Je ne compte plus le nombre de livres de règles ou de background que j'ai revendus pour ces raisons.  

Un papier blanc, ou à la rigueur crème, avec un bon grammage, et une mise en page sobre, avec des textes en caractères noirs, sans fond grisâtre dégueulasse, est-ce trop demander?  On en arrive à un stade où, de ce point de vue, les livres de règles des années 80 étaient mieux fichus.  

3. L'organisation du texte: pratique et centrée sur l'essentiel

Troisième et dernier point dont je souhaite vous parler: l'organisation des règles ou de l'information utile aux joueurs.  C'est sans doute le point sur lequel il est particulièrement difficile de faire un sans faute, et c'est en partie à cause de la diversité des pratiques des rolistes.  Certains voudront des informations minimales, mais bien organisées, et faciles à retrouver en cours de partie, sur la base desquelles ils pourront improviser.  D'autres auront besoin de blocs de textes un peu plus gros, avec plus de détails, pour nourrir leur imagination.

Malgré tout, je crois qu'il y a une certaine marge d'amélioration dans le domaine du jeu de rôle.  Là où les jeux de plateaux ont fortement évolué sur les quarante dernières années, avec des mécaniques de jeux expliquées par des schémas simples et didactiques, le jeu de rôle reste coincé avec des blocs de textes descriptifs arides, et parfois cryptiques.  Il suffit de lire Triangle Agency, ou encore la petite bande dessinée créée par des amateurs pour expliquer les règles du jeu de rôle Star Wars pour se rendre compte qu'il y a moyen de faire beaucoup mieux que de simples blocs de textes pour expliquer des règles d'un jeu de rôle. 

Conclusion

J'aimerais pouvoir vous dire que la plupart des livres de jeu de rôle répondent aux préoccupations mentionnées ci-avant.  Ce n'est - hélas - pas le cas.  On est même très loin du compte, et un grand nombre de jeux pourtant assez bons sur le fond échouent complètement sur la forme, particulièrement en francophonie.  Dans un certain nombre de cas, j'ai fini par me rabattre sur les éditions originales américaines en revendant les versions françaises, trop insatisfaisantes...  

A la semaine prochaine...

mardi 17 mars 2026

Jouer à Dungeon Crawl Classics - cinquième partie - le mage

Dungeon Crawl Classics

Dungeon Crawl Classics (en abrégé "DCC") est un jeu de rôle développé par Goodman Games et traduit en français par Akileos.  Son ambition est de proposer un jeu de rôle similaire, mais néanmoins différent des premières éditions de Donjons & Dragons, en s'inspirant fortement des oeuvres mentionnées dans l'appendix N du plus ancien des jeux de rôles. 

Même s'il a des airs de ressemblance avec Donjons & Dragons, DCC s'en écarte sur des points assez essentiels et qui font toute la différence.  

La classe de mage

Dans un article précédent, je vous ai donné les règles de base du jeu, suffisantes pour jouer votre première  "entonnoir".  Si tout s'est bien passé, au moins un de vos personnages de niveau zéro a survécu à cette expérience, est passé au niveau un et va devoir se choisir une classe de personnage.  Dans cet article, je vous livre les règles relatives à la classe de Mage.


Dés de vie et points de vie

Le mage utilise un dé à quatre faces (1d4) pour déterminer ses points de vie à chaque niveau gagné.  Ceux-ci s'ajoutent aux points de vie de départ du personnage de niveau zéro.  Le modificateur d'endurance vient s'ajouter (ou se soustraire) des points gagnés à chaque niveau. 

Jets d'attaques et de sauvegardes

A partir du niveau 2, les mages bénéficient d'un bonus à leurs jets d'attaque.  Par ailleurs, les jets de sauvegarde du mages bénéficient de bonus qui dépendent de son niveau (voir table 1-9, page 42 du manuel de règles de DCC).  

Armes et armures

Le mage peut utiliser l'arc court, l'arc long, le bâton, la dague, l'épée courte et l'épée longue.

Le mage porte rarement des armures car elles perturbent l'incantation des sorts: en pratique, la pénalité que les armures infligent vient diminuer le résultat des tests d'incantation des mages. 

La magie

Comme le clerc, le Mage a un niveau d'incantateur égal à son niveau.  Au niveau 1, il aura donc un bonus de +1 à ses jets pour lancer ses sorts, bonus auquel il faut ajouter son modificateur d'Intelligence.  

Livre de sorts

Au niveau un, le Mage dispose de quatre sorts de magie qu'il peut utiliser.  La table des sorts de mages se trouve à la page 127 du livre de règles de DCC.  

Chaque sort dispose d'une table de résolution qui lui est propre: plus le jet d'incantation a un résultat élevé, plus le sort a un effet puissant.  Si le jet est en-dessous d'un certain résultat, le lancer de sort échoue, et le Mage ne pourra plus le lancer pendant la journée.  

Le brûlesort

Avant d'effectuer son test d'incantation, le mage peut sacrifier son énergie vitale pour améliorer ses chances de lancer le sort: il dépense à cet effet des points de Force, d'Agilité ou d'Endurance, et chaque point dépensé lui donne un bonus de +1 au jet d'incantation.  

Les points de caractéristiques perdus de cette manière se régénèrent par guérison naturelle: le mage récupère un point de caractéristique par jour où il ne fait pas appel au brûlesort...

Le mage peut également utiliser le brûlesort pour récupérer des sorts qu'il avait perdu pour la journée: celà lui coûte un nombre de points égale au niveau du sortilège perdu. 

La magie mercurielle

Les Mages de Dungeon Crawl Classics sont tous très différents, dans la mesure où leurs sorts se manifestent de façon variable, mais aussi et surtout parce que les sorts ont des "effets secondaires"...  Chaque fois qu'un Mage apprendra un nouveau sort, il devra faire un jet sur une table de "magie mercurielle" pour déterminer quel est l'effet secondaire du sort.  Ceux-ci peuvent être très positifs, très négatifs, ou entre les deux.  Dans certains cas, l'effet secondaire est tellement pénalisant que le Mage gardera ce sort pour des cas d'urgence extrême.  La table de magie mercurielle se trouve à partir de la page 111 du livre des règles.  

Le patron surnaturel

Les mages connaissent leurs sortilèges par l'entremise d'un "patron" surnaturel, une puissance quipeut prendre la forme d'un dieu ancien, d'un démon ou d'un ange particulièrement puissant, de génies ou de seigneurs du chaos, de puissances élémentaires, etc.  

Le mage peut également invoquer son patron, mais cela reste un pari risqué...  

Corruption

En cas de "1" naturel au jet de dé, quelque chose se passe mal, et la magie se retourne contre son utilisateur: les effets sont variables, mais dans le pire des cas, le personnage est victime de la corruption engendrée par la magie.

La corruption se manifeste physiquement sur l'enveloppe charnelle du mage: son corps subit des mutations, et bientôt, il devient particulièrement évident que c'est un adepte des arts obscurs.  

Langues

Le mage est particulièrement lettré: il maîtrise deux langues supplémentaires par point de modificateur d'intelligence.

Chance

Le modificateur de chance du Mage s'applique aux jets de corruption et à la magie mercurielle.  

Evolution du mage

Le mage gagne une deuxième action à partir du niveau 5. 

En dehors de cela, la plupart des capacités mentionnées ci-avant augmentent avec les niveaux: les bonus de sauvegarde sont plus élevés, le niveau d'incantateur augmente, etc.

Et... c'est déjà tout

Voilà les amis, tout ce que vous avez besoin de savoir pour jouer un mage dans une partie de Dungeon Crawl Classics...   

J'espère que cet article vous aura été utile: n'hésitez pas à m'envoyer du feedback à ce propos, via les commentaires ci-dessous.  


mardi 10 mars 2026

Quel jeu de rôle acheter quand on débute ? (édition 2026)

Introduction

Je passe trop de temps sur Youtube, et notamment sur la chaîne du "Bon MJ"...  Il y a quelques temps, il a réalisé une petite vidéo sur le thème "Débuter le jeu de rôle : quoi acheter en premier ?", vidéo qui m'a laissé un peu perplexe...  Je vous la mets ci-dessous:


Si l'ensemble des conseils généraux donnés dans cette vidéo sont valides, je trouve que le Bon MJ ne se mouille pas trop quant au choix des jeux et/ou des suppléments à acquérir, indiquant qu'il "ne va pas nous dire que faire de notre argent", ce qui est un peu paradoxal puisqu'il fait par ailleurs l'apologie de toute une série de jeux sur sa chaîne...  

Après avoir visionné la vidéo, je n'ai pas pu m'empêcher de réfléchir à la manière dont je répondrais à la même question.  Et puisque je suis toujours à la recherche d'idées pour alimenter ce blog, je me suis dit, pourquoi pas en faire un article, dans lequel j'essaierais de donner ma réponse.  

Contrairement au Bon MJ, je vais donc citer ci-dessous quelques exemples concrets de jeux et/ou de suppléments que vous pouvez acheter quand vous débutez le jeu de rôle.  Cette façon de faire a pour corollaire que cet article va devenir de moins en moins pertinent au fur et à mesure que le temps passe, raison pour laquelle j'accole un "édition 2026" à son titre...   Il n'est pas impossible que je fasse une mise à jour dans un ou deux ans.

Alors, bien évidemment, en tant que rolistes, nous sommes tous différents, et on n'a pas du tout les mêmes attentes, ce qui fait que cet exercice est particulièrement difficile.  Je vais donc préciser, dans ce guide d'achat, la typologie des jeux que je vous propose, en vous donnant sa thématique, son coût, sa difficulté d'apprentissage, mais aussi un "temps de jeu estimé" associé aux produits proposés.  

Je pars néanmoins de trois postulats qu'il me semble important de préciser à ce stade:

  1. vous avez une certaine notion de ce qu'est le jeu de rôle, soit parce que vous avez déjà joué comme joueur, soit parce que vous avez utilisé un "kit de démarrage" pour maîtriser votre première partie, soit parce que vous avez regardé un de ces "actual play" qui pullulent sur Internet;
  2. vous n'avez tellement pas de matériel de jeu à votre disposition, mais vous disposez de papier et de crayons, peut-être de quelques dés ordinaires (à six faces, comme disent les rolistes) ou d'un jeu de cartes;
  3. vous n'avez pas l'envie, le temps ou l'expertise pour écrire vos propres scénarios ou campagnes, et cherchez à acquérir un jeu ou un lot qui vous permettra de jouer sans devoir rédiger quelque chose vous-même.

Je vais aussi me fixer comme règle d'essayer de vous proposer deux jeux de rôle par "thème": un premier qui représentera le choix le plus classique, et un challenger, plus original et moins populaire.

Fantasy 

Le classique: Chroniques oubliées Fantasy

Pas vraiment de surprise ici: cela fait maintenant quelques années que Chroniques Oubliées Fantasy 2ième édition propose du matériel pour les rolistes débutants, avec une qualité globale très correcte.  Les règles sont relativement simples, et il y a un certain nombre de scénarios et de campagnes disponibles. 


Question budget, le livre des règles seul tourne autour de 30 euros en version sous couverture souple.  Il vous faudra également (au moins) un set de dés de jeux de rôles (d4, d6, d8, d10, d12, d20), si vous n'êtes pas déjà équipés de ce point de vue.    Si vous voulez investir dans un lot plus substantiel, vous pouvez y ajouter l'écran du meneur de jeu (35 euros) et "le sourire écarlate" (30 euros), une mini-campagne qui contient quatre scénarios, de quoi déjà jouer quelques heures...  

Si vraiment vous accrochez à ce système, vous pouvez investir dans "l'Eveil des Seigneurs des runes" (100 euros), une campagne écrite à l'origine pour Pathfinder mais adaptée aux règles de Chroniques oubliées.  Certes, elle a un coût assez élevé, mais avec ça, vous devriez pouvoir jouer au minimum une cinquantaine de séances, ce qui relativise le prix. 

Le challenger: Barbarians of Lemuria

Si vous cherchez plutôt un jeu pulp, plus proche de l'ambiance de Conan le barbare, je vous recommande chaudement Barbarians of Lemuria.  Là encore, les règles sont plutôt simples à prendre en main, et l'éditeur, Ludospherik, a fait un véritable travail d'orfèvre en adaptant en français ce jeu de rôle.   


Le livre de base (35 euros) contient tout ce qu'il faut pour jouer, en ce compris quelques scénarios prêts à être maîtrisé, et quelques tables pour en générer facilement.  Le jeu utilise une simple paire de dés à six faces.  A côté de cela, l'éditeur a publié trois suppléments "chroniques lémuriennes" (entre 40 et 45 euros pièce) qui ajoutent plein de matériel de jeu supplémentaire, sous la forme de descriptions des différentes régions de Lémurie, mais aussi de scénarios et d'une campagne "Le Dieu voilé"...  L'un dans l'autre, avec ces quatre bouquins, il y a de quoi vous occuper pendant 25 à 30 séances de jeu.  

Horreur et Fantastique

Le classique: l'Appel de Cthulhu

On ne le présente plus, et selon moi, il est même peut-être devenu trop populaire que pour faire vraiment peur: inspiré de l'oeuvre d'Howard Philip Lovecraft, l'Appel de Cthulhu est le jeu de rôle d'horreur de référence depuis des dizaines d'années, avec un nombre impressionnant de scénarios disponibles qui fait que vous ne tomberez jamais à court.  Son système à base de dés de pourcentage est assez facilement assimilable et sans prise de tête.  Les règles ont assez peu évolué entre les différentes éditions. 


Le livre de base le plus récent pour ce jeu est le "Manuel du Gardien", qui contient tout ce qu'il vous faut pour maîtriser (comptez environ 50 euros).  Question scénarios, "Aux Portes des Ténèbres" (35 euros) contient cinq scénarios écrits spécifiquement pour les Gardiens et les joueurs débutants à L’Appel de Cthulhu.  Chaque scénario devrait vous occuper au minimum une session de jeu.  Il y a plein d'autres recueils de scénarios et de campagnes disponibles pour ce jeu, ce qui fait qu'en terme de rejouabilité, c'est le choix qui s'impose également. 

Le challenger: Channel Fear

Channel Fear est concept assez intéressant autoédité par Yno Combrexelle: les personnages sont des journalistes d'investigations qui tentent de monter des émissions télévisées sur le paranormal, qui sont diffusées sur une chaîne câblée aux Etats Unis.  


Dix scénarios sont proposés, achetables séparément ou dans une intégrale qui coûte 25 euros sur le site de Lulu.  Chaque scénario est calibré pour être joué en une petite soirée de deux à trois heures.  Les règles ainsi que des personnages prétirés sont fournis en même temps que les scénarios.  Les règles sont vraiment très simples et le jeu n'utilise que des dés à six faces ordinaires. 

Anticipation 

Le classique: Blade Runner

Les jeux de science-fiction ont généralement des règles un peu plus compliquées, et vous proposer des références pour débutants qui incluent des scénarios est un peu plus difficile.  Je crois néanmoins que Blade Runner est un assez bon candidat pour cette catégorie: il utilise des règles dérivées du "year zero engine" assez simples d'utilisation, l'univers est assez facile à expliquer, et le matériel est somptueux.


Pour débuter, un kit de démarrage (48 euros) est disponible sous forme de boîte, avec plein d'aides de jeux, un grand scénario qui occupe facilement pendant deux séances, avec quatre personnages prétirés.  Si cette première expérience est concluante, une deuxième boîte de scénario (40 euros) est d'ores et déjà disponible, qui devrait vous occuper encore une bonne dizaine d'heures, de même qu'un livre de base (55 euros) et un écran (25 euros).   Une campagne plus complète ayant pour cadre une révolte de réplicants devrait être traduite dans les mois qui viennent. 

Le challenger: The Sprawl

Toujours dans le registre des jeux auto-édités et disponibles sur Lulu en impression à la demande, The Sprawl est un jeu du genre cyberpunk et "propulsé par l'apocalypse".  Entendez par là qu'il se base sur le même système qu'Apocalypse World, et fonctionne avec deux dés à six faces tout ce qu'il y a de plus ordinaires. 

Le livre de base coûte un peu plus de 30 euros en couverture souple, mais vous pouvez aussi l'acheter avec une couverture cartonnée, ce qui vous coûtera un peu plus cher.  Il contient tout ce qu'il vous faudra pour bien débuter.  Pour 20 euros de plus, vous pouvez acquérir le supplément "dossiers en souffrance" qui contient pas moins de 14 missions prêtes à faire jouer: de quoi occuper vos soirées un bon moment.  

Conclusion et disclaimer

Il m'est évidemment impossible de garantir que tout ce que j'ai cité ci-dessus conviendra parfaitement à votre table, mais si vous êtes débutants, je peux en tout cas vous assurer qu'aucun des jeux cités n'est particulièrement compliqué ou difficile à maîtriser.  

Je tiens à préciser que le présent article n'est sponsorisé par aucun éditeur.  

Par ailleurs, je ne recommanderais pas nécessairement les jeux cités ci-avant à des meneurs de jeu expérimentés (peut-être que je ferai un article pour eux, mais plus tard): il y a des chances pour qu'ils les trouvent un peu trop simples, ou pas assez originaux.  

Il y a un certain nombre d'autres jeux que j'ai hésité à recommander, mais qui n'ont pas été retenus, soit parce qu'ils ne proposaient pas (ou pas assez) de scénarios ou de campagnes toutes prêtes, soit parce qu'ils sont épuisés et donc difficiles à se procurer, parce que leur système de jeu est trop compliqué, ou encore, tout simplement, parce que je ne les connaissais pas suffisamment bien que pour pouvoir les recommander.  

Voilà, j'espère que cet article vous aura été utile.  N'hésitez pas à réagir en commentaire et à indiquer ce que vous auriez mis dans cette petite liste...   A la semaine prochaine...

mardi 3 mars 2026

Jouer à Dungeon Crawl Classics - quatrième partie - le voleur

Dungeon Crawl Classics

Dungeon Crawl Classics (en abrégé "DCC") est un jeu de rôle développé par Goodman Games et traduit en français par Akileos.  Son ambition est de proposer un jeu de rôle similaire, mais néanmoins différent des premières éditions de Donjons & Dragons, en s'inspirant fortement des oeuvres mentionnées dans l'appendix N du plus ancien des jeux de rôles. 

Même s'il a des airs de ressemblance avec Donjons & Dragons, DCC s'en écarte sur des points assez essentiels et qui font toute la différence.  

La classe de voleur

Dans un article précédent, je vous ai donné les règles de base du jeu, suffisantes pour jouer votre première  "entonnoir".  Si tout s'est bien passé, au moins un de vos personnages de niveau zéro a survécu à cette expérience, est passé au niveau un et va devoir se choisir une classe de personnage.  Dans cet article, je vous livre les règles relatives à la classe de voleur.

Dés de vie et points de vie

Le voleur utilise un dé à six faces (1d6) pour déterminer ses points de vie à chaque niveau gagné.  Ceux-ci s'ajoutent aux points de vie de départ du personnage de niveau zéro.  Le modificateur d'endurance vient s'ajouter (ou se soustraire) des points gagnés à chaque niveau. 

Jets d'attaques et de sauvegardes

A partir du niveau 2, les voleurs bénéficient d'un bonus à leurs jets d'attaque.  Par ailleurs, les jets de sauvegarde du voleur bénéficient de bonus qui dépendent de son niveau (voir table 1-11, page 47 du manuel de règles de DCC).  

Armes et armures

Le voleur peut utiliser l'arbalète, le bâton, la dague, l'épée courte, l'épée longue, la fléchette, la fronde, le garrot, la matraque et la sarbacane.

Le voleur n'a pas de restriction pour le choix de son armure, mais la plupart d'entre elles donnent des malus aux jets de discrétion, d'escalade, de natation, etc.  En général, ils préfèrent donc utiliser des armures légères qui n'interférent pas trop avec leurs capacités. 

L'argot des voleurs

Les voleurs maîtrisent un langage secret connu d'eux seuls, qui leur permet de communiquer au nez et à la barbe de l'autorité. 

Les compétences de voleur

Les voleurs savent crocheter des serrures, détecter et désamorcer des pièges, se déplacer silencieusement, se cacher dans les ombres, escalader des parois abruptes, falsifier des documents, voler à la tirer, utiliser des poisons, lire des langues inconnues, etc.  Ils peuvent aussi réaliser des attaques sournoises qui infligent automatiquement des coups critiques lorsqu'ils touchent.  Enfin, ils savent lire des parchemins magiques, mais moins efficacement que des magiciens. L'alignement et le niveau du voleur déterminent le score de toutes ces compétences (voir la table 1-13, page 48 du livre de règles DCC).  

Chance et ruse

Le voleur dispose d'avantages indéniables lorsqu'ils brûlent leur chance: d'une part, pour chaque point brûlé, ils bénéficient d'un bonus variable, un dé de chance, qui est un dé à trois faces au premier niveau.  Autrement dit, en brûlant 3 points de chance, ils ajoutent 3d3 à leur score.  

De plus, contrairement aux autres classes, le voleur peut récupérer la chance qu'il a dépensée au rythme d'un point par niveau et par nuit, jusqu'à son maximum de départ.  Ainsi, un voleur de niveau 3 récupérera 3 points de chance après une bonne nuit de sommeil.

Evolution du voleur

Le voleur gagne une deuxième action à partir du niveau 6. 

En dehors de cela, la plupart des capacités mentionnées ci-avant augmentent avec les niveaux: les bonus de sauvegarde sont plus élevés, les compétences augmentent, et surtout, le dé de chance s'incrémente, niveau après niveau, ce qui améliore les capacités du voleur à réaliser des coups d'éclat.

Et... c'est déjà tout

Voilà les amis, tout ce que vous avez besoin de savoir pour jouer un voleur dans une partie de Dungeon Crawl Classics...   

J'espère que cet article vous aura été utile: n'hésitez pas à m'envoyer du feedback à ce propos, via les commentaires ci-dessous.  



lundi 23 février 2026

Jouer à Wastburg

A propos de cet article

Dans cette série d'articles, j'aborde les règles de différents jeux de rôle de façon que j'espère didactique.  

L'objectif est d'avoir des pages aisément consultables sur laquelle les joueurs pourront obtenir quelques informations utiles sur le jeu de rôle auquel on les a invités, de façon à ne pas être trop largués lorsqu'ils s'assiéront à la table de jeu.  

Cet article ne s'adresse donc pas aux meneurs de jeu, même si ceux-ci pourront trouver utile de le recommander à leurs joueurs.

Aujourd'hui, je vais me pencher sur la deuxième édition de Wastburg, un jeu tellement simple qu'il ne fera l'objet que d'un seul article...  enfin, du moins, ça, c'est le plan...

Wastburg

Ce jeu de rôle est inspiré d'un roman de Cédric Ferrand, qui met en scène des gardes d'une cité médiévale un peu particulière.  L'auteur reconnaît quant à lui s'être inspiré (notamment) des romans de Terry Pratchett sur les gardes d'Ankh-Morpork.   

Il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu le roman Wastburg pour apprécier le jeu de rôle, mais ce serait dommage de s'en passer, et mon premier conseil aux joueurs serait donc de lire ce roman, histoire de vous imprégner de l'ambiance de cette ville si particulière.  Les scénarios du jeu de rôle se déroulent peu de temps après les événements décrits dans le roman, ce qui en fait un point de départ idéal...

Pour ceux qui n'auraient pas le temps de se plonger dans la prose d'Eric Ferrand, je vous livre ci-dessous un petit aperçu succinct de cette ville. 

Wastburg est une ville franche établie sur une île qui se trouve à l'embouchure du fleuve Puerk, qui constitue la frontière naturelle entre le Waelmstat et la Loritanie.  Si les deux pays se sont disputé un temps la souveraineté de la ville, elle a aujourd'hui acquis son indépendance.  Comme l'île n'a pas un territoire illimité, l'architecture de Wastburg a tendance à devenir envahissante et à prendre de la hauteur, chacun construisant un peu comme il peut...

Wastburg est motorisé par le système "F.U.", les initiales de "Freeform Universal".  Les règles sont relativement simples à comprendre, mais nécessitent malgré tout d'exercer une certaine gymnastique mentale.  Ce système repose sur un certain nombre d'idées clefs. 

Les traits

Les personnages de Wastburg ont des traits, qui sont autant de petites phrases descriptives qui les définissent.  Ainsi, par exemple, un garde pourra être "droit dans ses bottes", ou être décrit comme étant "120 kilos de muscle et de colère".  La création de personnage prévoit d'attribuer six traits aux personnages, en passant par une procédure de création qui revisite la jeunesse et le passé des gardoches.  Ces traits ne sont pas toujours positifs et peuvent parfois se retourner contre les personnages...

Les aubaines

Le système de Wastburg repose sur la gestion des réserves d'aubaine du groupe et des personnages.  On gagne des aubaines quand on a un résultat "non, et..." au jet de dé, mais aussi lorsqu'on décide de "se coucher" lors d'une action déterminée: on obtient directement le résultat "non, et..." sans lancer de dé, mais en échange, on récupère un point d'aubaine. 

Il existe plusieurs réserves d'aubaines: chaque joueur dispose d'une réserve, et le groupe a également une réserve commune.  Un joueur qui récupère une aubaine peut décider librement s'il la met dans sa réserve personnelle ou dans celle du groupe.

Les jets de dé

On lance les dés lorsqu'une action est incertaine.  Avant de lancer, on détermine précisément à quelle question on va répondre: en fonction du choix des joueurs, une question peut concerner une petite action, ou déterminer le résultat d'un combat.  Exemple: on peut poser comme question "Est-ce que nous parvenons à mettre la bande de scélérat en fuite?" ou "Est-ce que je parviens à désarmer (ou blesser) le chef des brigands?"

Une fois la question déterminée, le meneur de jeu évalue les chances de succès de l'action, sans prendre en compte les traits des personnages.   Ainsi, par exemple, si le garde Jehan tente de désarmer le brigand, on prendra en compte son équipement, le fait que le brigand est surpris (ou pas), etc.   Si l'action est considérée comme normale, le joueur lance un simple dé à six faces.  Si elle est facile, il lance deux dés, et choisit le meilleur résultat.  Si elle est difficile, il lance deux dés, et prend le moins bon résultat...

Les résultats sont interprétés de la manière suivante:

1 - "Non, et..." -  L'action échoue, et une complication vient s'ajouter à cet échec.  Une aubaine est gagnée.

2 - "Non" -  L'action échoue, tout simplement.

3 - "Non, mais..." - L'action échoue, mais le personnage parvient néanmoins à obtenir quelque chose de positif.

4 - "Oui, mais..." - L'action réussit, mais cela coûte quelque chose au personnage.

5 - "Oui" - L'action réussit.

6 - "Oui, et..." - L'action réussit et le personnage obtient un bénéfice supplémentaire.

OK, mais, et les traits, là-dedans, quand est-ce qu'on les utilise?

Après avoir jeté les dés, les personnages qui ont un trait qui peut s'appliquer à la situation peuvent utiliser une aubaine pour activer ce trait.

S'il dépense une aubaine de sa réserve personnelle, le résultat d'un des dés est augmenté d'un point.

S'il dépense une aubaine de la réserve commune, il a le droit de relancer le dé (ou les dés). 

Etats

Les états sont des qualités particulières qui peuvent être infligées au personnage lorsqu'ils sont blessés, ou démoralisés, par exemple.  Ces qualités sont temporaires et compliqueront la vie des personnages sur le moyen terme.

Le mot de la fin...

Voilà, vous savez (quasiment) tout ce qu'il y a à savoir sur le système de Wastburg.  Comme vous le voyez, le jeu est particulièrement simple et très porté sur la narration.   

mardi 17 février 2026

Jouer à Dungeon Crawl Classics - troisième partie - le clerc

Dungeon Crawl Classics

Dungeon Crawl Classics (en abrégé "DCC") est un jeu de rôle développé par Goodman Games et traduit en français par Akileos.  Son ambition est de proposer un jeu de rôle similaire, mais néanmoins différent des premières éditions de Donjons & Dragons, en s'inspirant fortement des oeuvres mentionnées dans l'appendix N du plus ancien des jeux de rôles. 

Même s'il a des airs de ressemblance avec Donjons & Dragons, DCC s'en écarte sur des points assez essentiels et qui font toute la différence.  

La classe de clerc

Dans un article précédent, je vous ai donné les règles de base du jeu, suffisantes pour jouer votre première  "entonnoir".  Si tout s'est bien passé, au moins un de vos personnages de niveau zéro a survécu à cette expérience, est passé au niveau un et va devoir se choisir une classe de personnage.  Dans cet article, je vous livre les règles relatives à la classe de clerc.


Dés de vie et points de vie

Le clerc utilise un dé à huit faces (1d8) pour déterminer ses points de vie à chaque niveau gagné.  Ceux-ci s'ajoutent aux points de vie de départ du personnage de niveau zéro.  Le modificateur d'endurance vient s'ajouter (ou se soustraire) des points gagnés à chaque niveau. 

Jets d'attaque et de sauvegardes

A partir du niveau deux, le clerc acquiert un bonus à ses jets d'attaque, qui est repris dans la table 1-5, page 31 du livre de règles de DCC.  Les jets de sauvegarde bénéficient d'un bonus, en fonction du niveau du clerc (voir table 1-5, page 31 du manuel de règles de DCC).  

Armes et armures

Le clerc peut utiliser dépend de l'alignement de son Dieu.  Un clerc loyal utilisera plutôt des armes contondantes (marteau de guerre, masse, bâton), tandis qu'un clerc chaotique utilisera plutôt un fléau ou une hache.  La table des Dieux et de leurs alignements se trouve page 32 du manuel de règles de DCC.

Le clerc peut utiliser toutes les armures.

Niveau d'incantateur

Le clerc a un niveau d'incantateur qui est égal à son niveau.  Le niveau d'incantateur est utilisé comme bonus pour toute une série de jets liés aux "miracles" effectués par le clerc: imposition des mains, magie divine et rejet des impies. 

Imposition des mains

Le clerc a la capacité de soigner les créatures vivantes.  Pour ce faire, il doit toucher leurs blessures, et lance un dé d'action auquel il ajouter son modificateur de présence et son niveau d'incantateur.  Le résultat est lu sur une table qui indique le nombre de dés de vie récupérés (cf. page 31 du livre de règles de DCC).  L'effet de l'imposition des mains est plus efficace si la personne soignée est du même alignement que le clerc.  S'ils sont d'alignements opposés, une telle action peut être considérée comme un péché.  Un échec augmente le risque de défaveur (voir ci-dessous).

Il est aussi possible d'utiliser ce pouvoir pour soigner des états plutôt que des points de vie (membre brisé, maladie, poison, etc.). 

Repousser les impies

Le clerc a le pouvoir de repousser les créatures qui sont considérées comme impies par son Dieu.  En fonction de l'alignement du Dieu, le type de créatures affectées varie : les clercs qui vénèrent des dieux loyaux considèrent les démons et les morts-vivants comme impies, tandis que les clercs de dieux chaotiques repousseront les anges et les paladins (pour plus de détails à ce propos, allez voir la table à la page 32 du livre de règles de DCC). 

Afin d'utiliser cette capacité, le clerc lance un dé d'action auquel il ajoute son niveau d'incantateur, son modificateur de présence et son modificateur de chance.  Le résultat est lu sur la table 4-4, page 97 du livre de règles de DCC: en fonction du résultat et du nombre de dés de vie de la créature ciblée, l'effet sera plus ou moins efficace.  Un échec augmente le risque de défaveur (voir ci-dessous).

Magie divine

Au niveau un, le clerc dispose de quatre sorts de magie divine qu'il peut utiliser.  La table des sorts de clercs se trouve à la page 128 du livre de règles de DCC.  

Pour lancer un sort, on lance un dé d'action auquel on ajoute le niveau d'invocateur et le modificateur de présence.  Le résultat est lu sur la table de résolution du sort.  Pour les sorts de premier niveau, un résultat inférieur ou égal à onze est un échec: le Dieu du clerc n'intervient pas, et le risque de défaveur augmente (voir ci-dessous).  A partir de douze, la magie opère, et plus le résultat est élevé, plus l'effet est puissant.  

Ainsi, par exemple, un sort de bénédiction lancé avec un résultat de 12 permettra au clerc de bénéficier d'un bonus de +1 aux jets d'attaque, mais un résultat de 20 donnera un bonus de 1d3 + niveau d'incantateur à tous les jets d'attaque, de dégâts, de sauvegarde et d'incantation, et projettera une aura qui fera bénéficier les alliés proches des mêmes effets...  

Défaveur

Les pouvoirs du clerc sont limités par les faveurs de leur Dieu.  Le mécanisme de défaveur simule l'intérêt que le Dieu du clerc apporte à son fidèle serviteur.  Au début de chaque journée, le clerc commence avec une défaveur de 1.  A chaque fois que le clerc échoue à un jet pour imposer les mains, repousser les impies ou pour lancer un sort, le risque de défaveur augmente de 1 point.  

Si, sur un de ces jets, le clerc a un score "naturel" sur son dé qui est inférieur ou égal à son risque de défaveur, il encourt la colère de son Dieu, qui prend une forme tirée aléatoirement sur une table de défaveur (table 5-7, page 122 du livre de règles de DCC).  Parmi les pénalités de cette table, on trouve des malus temporaires, mais aussi la perte temporaire de pouvoirs ou de sortilèges...  

Aide divine

Enfin, le clerc peut faire appel à son Dieu pour le tirer d'affaire en sollicitant une intervention divine.  Cela requiert un test d'incantation de difficulté variable, mais surtout, cela fait augmenter le risque de défaveur de 10 points.  En vain son nom tu n'invoqueras...  

Evolution du clerc

Le clerc gagne une deuxième action à partir du niveau 6. 

En dehors de cela, la plupart des capacités mentionnées ci-avant augmentent avec les niveaux: les bonus de sauvegarde sont plus élevés et le niveau d'incantateur augmente, ce qui permet au clerc d'être plus efficace pour repousser les impies, imposer les mains ou invoquer la magie de son dieu.

Et... c'est déjà tout

Voilà les amis, tout ce que vous avez besoin de savoir pour jouer un clerc dans une partie de Dungeon Crawl Classics...   

J'espère que cet article vous aura été utile: n'hésitez pas à m'envoyer du feedback à ce propos, via les commentaires ci-dessous.  



mardi 10 février 2026

Mon appendix N - quatrième partie - les bandes dessinées

Dans cette quatrième partie de mon Appendix N, je vais me pencher sur les bandes dessinées, d'où qu'elles viennent: on va donc parler aussi bien des BD de l'école franco-belge que des comics américains ou des mangas japonais, toutes thématiques confondues, mais en ayant à l'esprit le potentiel de l'oeuvre comme source d'inspiration pour les meneurs de jeu.  

Afin de faciliter les recherches, je vais les classer dans des catégories qui correspondent à des thématiques de jeux de rôles: Fantasy, Science-fiction, Fantastique, etc.  C'est parti...


Fantasy

Bon, on va commencer par une oeuvre incontournable, que l'on soit roliste ou pas: "La Quête de l'Oiseau du Temps", de Loisel et Le Tendre.  Des personnages attachants, un univers plein de péril, une quête épique, que demander de plus ?  Ces quatre albums sont servis par un dessin somptueux et une colorisation qui n'a pas pris une ride.  Il y a eu d'autres albums par la suite, que je n'ai pas acheté, les quatre d'origine formant une histoire plus que satisfaisante. 

Les trois références suivantes sont signées par Hubert, un scénariste d'exception trop tôt disparu: "Beauté" met en scène une jeune femme qui fait le voeu d'être la plus belle du Royaume, ce qui n'a manifestement pas que de bons côté.  "Peau d'homme" est l'histoire d'une jeune femme qui souhaite découvrir le véritable caractère de son futur époux et qui enfile une peau d'homme, afin de se déguiser et de partager avec lui quelques nuits de liesse avant son mariage.  Enfin, la saga des "Ogres-Dieux", en quatre tomes, décrit l'évolution d'un royaume de fantasy dirigé par des Ogres monstrueux.  


Enfin, pour terminer cette rubrique fantasy, impossible de ne pas évoquer les séries de BD "Donjon" et "Ralph Azham", portées (notamment) par Lewis Trondheim et Joahn Sfar.  Il y a des dizaines albums disponibles, et il ne se valent pas tous, mais globalement, ça reste de très bonne tenue.  


Science-Fiction

Dans le domaine franco-belge, "Universal War One" de Bajram, reste pour moi l'oeuvre de référence quasiment incontournable, avec un récit et un dessin très maîtrisé et original. 


Du côté des comics américains, on trouve quelques pépites de récits d'anticipation, avec "Lazarus" (scénarisé par Greg Rucka, encore lui), qui présente un univers dominé par de grandes familles ultra riches qui ont supplanté les états nations, "Give me Liberty" (Frank Miller et Dave Gibbons), dont les événements ne sont pas sans rappeler l'actualité, alors qu'il a été écrit dans les années 90 et "Transmetropolitan" (scénarisé par Warren Ellis) qui met en scène un journaliste particulièrement déjanté dans un univers cyberpunk.  Plus récente, la série "Saga" met en scène une version science-fiction moderne de Roméo et Juliette.  


Enfin, les mangas ne sont pas en reste dans ce genre particulier de récits.  Mes trois préférés sont "Front Mission, Dog Life & Dog Style" qui met en scène un journaliste de guerre dans un conflit dominé par des Mechs, "Gantz", qui met en scène des personnes mystérieusement ressuscitées par une sorte de machine, qui les utilise pour combattre des créatures qui semblent tout droit sorties de jeux vidéos, et enfin "Moonlight Mile" qui parle de la colonisation et de l'exploitation des ressources de la lune. 



Fantastique

Dans ce domaine, j'apprécie particulièrement les oeuvres en noir et blanc de Chabouté et Comès...  Dans un genre un peu similaire, mais beaucoup moins connu, je vous recommande la série "Courtney Crumrin" de Ted Naifeh.


En comics américains, la série "Hellblazer" qui met en scène John Constantine reste une référence, même si tous les numéros ne se valent pas.  J'ai une préférence pour la série scénarisée par Garth Ennis et dessinée par son compère Steve Dillon.  Ces deux-là sont une valeur sûre pour autant que vous ayez un sens de l'humour assez noir.  

A côté de cela, les séries "Sandman" (de Neil Gaiman) et "Fables" (de Bill Willingham) sont vraiment des incontournables, qui ont servi respectivement de source d'inspiration pour les jeux de rôle Nobilis et City of Mist...  


Espionnage

Voilà une thématique que j'apprécie beaucoup, quel que soit le support.  En bande dessinée franco-belge, je recommande particulièrement les séries "Arlequin" et "XIII".  En comics, mes deux références sont "Queen & Country" (encore et toujours Greg Rucka), qui donne une vision assez réaliste du métier d'agent et des risques associés et "Mind MGMT", de Matt Kindt, qui mélange espionnage, conspirations et pouvoirs mentaux.  


Historique

Il y a pléthore de références dans ce genre particulier, et c'est donc assez dur de vous faire une sélection restreinte.  Voilà ma "short list": 

Les dix premiers tomes des "Tours de Bois Maury" par Hermann sont vraiment très très bien.   On suit les aventures d'un chevalier qui cherche à récupérer titre et fortune à l'époque des croisades. 


A côté de cela, les trois tomes des "Compagnons du crépuscule" par François Bourgeon nous emmènent dans une France de la guerre de cent ans, avec une petite touche de fantastique.  Les personnages sont attachants, et l'histoire bien ficelée.  

La série "Les 7 vies de l'épervier" se déroule à l'époque d'Henri IV est également très bien, à condition de rester focalisé sur la première époque et ses sept albums.  Après, ils ont délayé un peu trop la sauce, et je ne m'y suis plus tellement retrouvé.

La période du western est surreprésentée dans les BD franco-belges.  J'ai une petite faiblesse pour les séries "Comanche" et "Durango"

Je termine ce tour d'horizon de la BD historique par "Corto Maltese", un monument incontournable qui met en scène un marin à la fois pirate et aventurier au début du 20ième siècle, très intelligemment scénarisé, somptueusement dessiné.  A lire absolument. 


Détective / Noir

Voilà encore un domaine dans lequel il y a pléthore de références.  Dans les BD franco-belge, j'ai une certaine attirance pour les polars dessinés par Berthet, et notamment la collection "ligne noire", la série des "Pin-Up" et la série du privé d'Hollywood.  A côté de cela, j'ai découvert relativement récemment la série "Caroline Baldwin" d'André Taymans, que je recommande également.

Le domaine américain ne manque pas non plus d'excellentes références dans le style.  Dans les BD les plus anciennes, je recommande la série "Sin City" de Frank Miller, et plus particulièrement l'arc "J'ai tué pour elle".  Dans le même style, "Fatale", scénarisée par Ed Brubaker, est également à lire.  

A côté de ça, "Gotham Central" et "Powers" sont deux séries qui mettent en scène des policiers sans super pouvoirs dans des univers où il y a des super héros.  


Enfin, la série "Homicide" basée sur le roman "Baltimore", qui a également inspiré la série télévisée "The Wire".  C'est vraiment de la très bonne référence pour un MJ qui voudrait mettre en scène une campagne policière.


Et vous?

Quelles sont les séries de bande dessinées que vous recommanderiez comme inspiration de joueur de jeu de rôle?   Lâchez-vous dans les commentaires. 

mardi 3 février 2026

Jouer à Dungeon Crawl Classics - deuxième partie - le guerrier

Dungeon Crawl Classics

Dungeon Crawl Classics (en abrégé "DCC") est un jeu de rôle développé par Goodman Games et traduit en français par Akileos.  Son ambition est de proposer un jeu de rôle similaire, mais néanmoins différent des premières éditions de Donjons & Dragons, en s'inspirant fortement des oeuvres mentionnées dans l'appendix N du plus ancien des jeux de rôles. 

Même s'il a des airs de ressemblance avec Donjons & Dragons, DCC s'en écarte sur des points assez essentiels et qui font toute la différence.  

La classe de guerrier

Dans un article précédent, je vous ai donné les règles de base du jeu, suffisantes pour jouer votre première partie "entonnoir".  Si tout s'est bien passé, au moins un de vos personnages de niveau zéro a survécu à cette expérience, est passé au niveau un et va devoir se choisir une classe de personnage.  Dans cet article, je vous livre les règles relatives à la classe de guerrier.

Dés de vie et points de vie

Le guerrier utilise un dé à douze faces (1d12) pour déterminer ses points de vie à chaque niveau gagné.  Ceux-ci s'ajoutent aux points de vie de départ du personnage de niveau zéro.  Le modificateur d'endurance vient s'ajouter (ou se soustraire) des points gagnés à chaque niveau. 

Initiative et jets de sauvegardes

Le guerrier ajoute son niveau aux jets d'initiative.  Autrement dit, au premier niveau, son initiative se détermine à l'aide d'un dé à vingt faces plus le modificateur d'agilité plus un.  Notez bien que c'est la seule classe de personnage qui bénéficie d'un bonus à l'initiative.  Le guerrier frappe fort, et très souvent, il frappe en premier...

Ses jets de sauvegarde bénéficient également de bonus, en fonction de son niveau (voir table 1-7, page 36 du manuel de règles de DCC).  

Armes et armures

Le guerrier peut utiliser presque toutes les armes à l'exception du garrot, de la matraque et de la sarbacane, qui sont des armes réservées au voleur et qui impliquent un élément de surprise.

Le guerrier peut utiliser toutes les armures, mais attention: la plupart de celles-ci donnent des malus aux jets de discrétion, d'escalade, de natation, etc.  On troque donc de la mobilité contre de la protection.

Coups critiques

Le guerrier a plus de chance de réaliser un coup critique: dès le premier niveau, il inflige un coup critique s'il fait un 19 ou un 20 naturel sur son dé d'attaque.  

Arme favorite et modificateur de chance

Cette règle est assez souvent oubliée: le guerrier peut choisir un type d'arme qui va devenir son arme favorite: avec cette arme, il bénéficie de son modificateur de chance pour ses jets d'attaque. 

Bonus à l'attaque et aux dommages

On en arrive à la capacité essentielle du guerrier: celui-ci dispose d'un dé de haut fait, qui va s'ajouter à toutes ses attaques ainsi qu'aux dégâts qu'il inflige.  Au premier niveau, ce dé est un dé à trois faces (1d3).

Haut-faits

Mais ce dé de haut fait ne sert pas que de simple bonus: le guerrier peut déclarer, avant d'attaquer, qu'il tente de réaliser une manoeuvre particulière en plus d'attaquer.  Il peut par exemple tenter de désarmer quelqu'un, ou de le faire basculer par-dessus une rambarde, ou encore de couper le dard du scorpion géant qu'il affronte.  

Si l'attaque réussit et que le dé de haut fait indique un résultat de trois ou plus, la manoeuvre réussit.  Alors bien sûr, au premier niveau, ça ne donne au guerrier qu'une chance sur trois de réussir sa manoeuvre, mais lorsqu'il monte en niveau, cette capacité donne énormément de possibilités au guerrier. 

Evolution du guerrier

Le guerrier gagne une deuxième attaque à partir du niveau 5 et une troisième au niveau 10. 

En dehors de cela, la plupart des capacités mentionnées ci-avant augmentent avec les niveaux: les bonus de sauvegarde sont plus élevés, les chances de coups critiques augmentent, et surtout, le dé de haut fait s'incrémente, niveau après niveau, ce qui améliore les capacités du guerrier à réaliser des manoeuvres exceptionnelles.

Et... c'est déjà tout

Voilà les amis, tout ce que vous avez besoin de savoir pour jouer un guerrier dans une partie de Dungeon Crawl Classics...   

J'espère que cet article vous aura été utile: n'hésitez pas à m'envoyer du feedback à ce propos, via les commentaires ci-dessous.